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    "C'est d'la canaille" - O.P.A chante La Commune - Impro 2

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    L'Orchestre Poétique d'Avant-guerre O.P.A
    Texte d'Alexis Bouvier

    "C'est d'la canaille" - 1863

    Dans la vieille cité française
    Existe une race de fer
    Dont l'âme comme une fournaise
    A de son feu bronzé la chair.
    Tous ses fils naissent sur la paille,
    Pour palais ils n'ont qu'un taudis.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    Ce n'est pas le pilier du bagne,
    C'est l'honnête homme dont la main
    Par la plume ou le marteau
    Gagne en suant son morceau de pain.
    C'est le père enfin qui travaille
    Des jours et quelques fois des nuits.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    A suivre...
    L'Orchestre Poétique d'Avant-guerre O.P.A
    Suite...

    C'est l'artiste, c'est le bohème
    Qui sans souffler rime rêveur,
    Un sonnet à celle qu'il aime
    Trompant l'estomac par le cœur.
    C'est à crédit qu'il fait ripaille
    Qu'il loge et qu'il a des habits.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    C'est l'homme à la face terreuse,
    Au corps maigre, à l'œil de hibou,
    Au bras de fer, à main nerveuse,
    Qui sort d'on ne sait où,
    Toujours avec esprit vous raille
    Se riant de votre mépris.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    C'est l'enfant que la destinée
    Force à rejeter ses haillons
    Quand sonne sa vingtième année,
    Pour entrer dans vos bataillons.
    Chair à canon de la bataille,
    Toujours il succombe sans cris.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.
    L'Orchestre Poétique d'Avant-guerre O.P.A
    Suite et fin ...

    Ils fredonnaient la Marseillaise,
    Nos pères les vieux vagabonds
    Attaquant en 93 les bastilles
    Dont les canons
    Défendaient la muraille
    Que d'étrangleurs ont dit depuis
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    Les uns travaillent par la plume,
    Le front dégarni de cheveux
    Les autres martèlent l'enclume
    Et se saoûlent pour être heureux,
    Car la misère en sa tenaille
    Fait saigner leurs flancs amaigris.
    C'est la canaille, et bien j'en suis.

    Enfin c'est une armée immense
    Vêtue en haillons, en sabots
    Mais qu'aujourd'hui la france
    Appelle sous ses drapeaux
    On les verra dans la mitraille,
    Ils feront dire aux ennemeis :
    C'est la canaille, et bien j'en suis.