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    par TUNeZINE

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    La déferlante du voile inquiète les tunisiens
    Ben Ali face aux islamistes
    Par : Samia Lokmane

    Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti au pouvoir, lance un appel à la mobilisation de l’État, des formations politiques et de la société civile contre le port du hidjab.

    Tunis semble inquiète face à la poussée des islamistes. Sinon comment expliquer l’alerte donnée mercredi dernier par le secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (le parti au pouvoir) quant à l’ampleur prise par le port du voile. “Ces pratiques n'ayant aucun rapport avec l'islam, ni avec l'identité et l'authenticité du pays (...) sont de nature à porter atteinte aux réalisations et acquis accomplis en faveur de la femme tunisienne”, s’est indigné M. Heddi M’henni. Le cadre de cette protestation était un colloque justement intitulé “Authenticité et identité”, organisé à l’initiative du RCD à l’occasion du mois de Ramadhan. À travers son discours, le n°2 du parti a voulu marquer le début d’une campagne contre la déferlante du hidjab. “Les Tunisiens, réellement imbus des principes de la sublime religion islamique (...), constatent avec étonnement l'émergence de nouveaux phénomènes sociaux étrangers à leur identité, à leur authenticité, à leurs traditions et au mode de vie de leurs ancêtres”, a-t-il reproché appelant à la mobilisation des institutions, des partis politiques et de la société civile. Faisant écho de “la volonté constante” du président Ben Ali à “diffuser les nobles valeurs de l’islam” comme un “facteur de civilisation et un attribut fondamental de l’identité”, M. M’henni s’est employé à démontrer que le port du hidjab est un mode vestimentaire étranger aux us locaux, une hétérodoxie. Alarmant, le SG du RCD craint que l’indulgence exprimée à l’égard du port du voile entraîne le renoncement à tous les acquis en matière d’émancipation de la femme. “Si nous acceptons aujourd'hui le port du hidjab, nous serons amenés demain à accepter que le droit de la femme au travail, au vote et à l'enseignement lui soit dénié et qu'elle soit confinée dans un rôle de procréation”, prévient-il. Aussi, appelle-t-il au respect de la réglementation interdisant le hidjab, notamment dans les établissements scolaires, les universités, et les hôpitaux. Cette législation date du début des années 1990. Elle a été promulguée sous forme de circulaire. Elle est entrée en vigueur au moment où la chasse aux islamistes battait son plein. Mais, avec le temps, ayant exagéré sa capacité de réduire à néant le mouvement islamiste, Zineddine Ben Ali s’est rendu compte que la stratégie de ces derniers a changé. Ayant abandonné leur ambition de prendre le pouvoir par la force, les émules de Guanouchi, chef du parti Ennahda en exil à Londres, préparent leur ascension politique en noyautant la société. Les femmes sont les cibles les plus vulnérables. Un demi-siècle après “leur libération” par Habib Bourguiba, beaucoup adoptent le voile par conviction ou par militantisme. Cette pudibonderie préoccupe au plus au point les organisations de promotion des droits de la femme. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a dénoncé ce qu’elle considère comme une régression. Ayant mené sa propre campagne, elle a affiché dans les rues de Tunis, il y a deux ans, des copies d’un vieux timbre édité par Bourguiba montrant une femme qui arrache son voile. Au cours d’un séminaire tenu en Tunisie, l’ATFD avait souligné l’influence des chaînes satellitaires arabes, dont les prédicateurs, à l’instar du célébrissime cheikh égyptien Amr Khaled, sont des sermonneurs redoutables. Le regain du courant islamiste est également palpable dans le secteur de la justice. Des juges, gagnés par les idées extrémistes, occultent allègrement les dispositions du statut personnel. Dans les écoles, le travail élaboré pendant les années 1990 visant à expurger les manuels scolaires des évocations intégristes est remis en cause aujourd’hui par la proportion grandissante des écolières qui s’aventurent en classe habillées d’un hidjab. Souvent, leur ténacité donne lieu à des conflits. À l’occasion du déroulement à Tunis du Sommet mondial des sociétés de l’information (SMSI), il y a un an, des militants islamistes et de l’extrême gauche avaient tenu un rassemblement de protestation ensemble. Ayant été élargis en février dernier (90 libérés), des acolytes de Guanouchi se joignent volontiers aux différentes actions organisées par les militants communistes, dont les grèves de la faim. Il y a quelque temps, la Tunisie passait pour être un modèle de lutte contre le terrorisme. Mais, l’attentat contre la synagogue de Djerba le 11 avril 2002 a montré des failles dans le dispositif. Régulièrement, les services de sécurité européens citent la présence de ressortissants tunisiens au sein de cellules terroristes démantelées dans le Vieux continent.

    SAMIA LOKMANE
    http://www.liberte-algerie.com