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    La mort, l'amour, la vie de Paul Eluard

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    Auguste_Vertu

    par Auguste_Vertu

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    J'ai cru pouvoir briser la profondeur l'immensité
    Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
    Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
    Comme un mort raisonnable qui a su mourir
    Un mort non couronné sinon de son néant
    Je me suis étendu sur les vagues absurdes
    Du poison absorbé par amour de la cendre
    La solitude m'a semblé plus vive que le sang
    Je voulais désunir la vie
    Je voulais partager la mort avec la mort
    Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
    Tout effacer qu'il n'y ait rien ni vitre ni buée
    Ni rien devant ni rien derrière rien entier
    J'avais éliminé le glaçon des mains jointes
    J'avais éliminé l'hivernale ossature
    Du vœu de vivre qui s'annule.

    Tu es venue le feu s'est alors ranimé
    L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoile
    Et la terre s'est recouverte
    De ta chair claire et je me suis senti léger
    Tu es venue la solitude était vaincue
    ...