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    Gérard Marty

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    Centre Bellegarde

    par Centre Bellegarde

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    Je peins depuis longtemps sur du papier. Je trace, je noircis, je dessine sur du papier qui a déjà vécu, sali, jauni, peint et repeint, déchiré. Il est important pour moi que ce papier ne soit plus vierge ! Je ne peux pas peindre sur une toile… Trop lisse…
    Ma démarche artistique est basée sur la conception du regard. À travers le trait, le mouvement du pinceau, l’épaisseur et le cadrage, je veux marquer le regard d’un voyeur ou d’un spectateur fictif.
    Mes images montrent des lieux, chambres, rues, paysages où il y aurait pu avoir des gens qui ne sont plus là. Cette sorte d’absence invite le public à regarder avec son imagination, à projeter ce qu’il aurait pu y avoir… Je pars aussi de l’image photo, que je dessine au trait noir en recadrant et en interprétant cette image plate de l’appareil numérique. Le résultat est souvent du domaine de l’inconscient, car je me mets dans un état de dessin automatique. Il relève aussi du croquis pris sur le vif, du dessin de carnets. En dessinant, je suggère mais je ne montre pas, je renvoie le «regardeur» à son propre imaginaire, à ce qu’il est lui ! Dans mon dessin, il ne se passe rien, que peut-être de la banalité, de la cocasserie ou de la mélancolie, des dérapages de la vie quotidienne.
    Le dessin pour moi devient véritablement écriture, de par son trait. Et c’est là que se situe la frontière avec la bande dessinée où un autre genre émerge. La bande dessinée a totalement renouvelé ses modes d’écriture et d’organisation graphique. Le dessin (l’image dessinée) est devenu une autre manière d’écrire, il n’est plus la simple illustration d’un scénario. Quand je dessine, je raconte une histoire et quand j’écris, le texte est de même force que l’image. Ce n’est pas une image légendée mais plutôt des phrases, des aphorismes méditatifs, des slogans tortueux, des maximes rêveuses qui révèlent les non-dits, qui cachent des réflexions douces amères.