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    Le crépuscule du soir de Charles Baudelaire

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    Auguste_Vertu

    par Auguste_Vertu

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    Voici le soir charmant, ami du criminel ;
    Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel
    Se ferme lentement comme une grande alcôve,
    Et l'homme impatient se change en bête fauve.

    Ô soir, aimable soir, désiré par celui
    Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui
    Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage
    Les esprits que dévore une douleur sauvage,
    Le savant obstiné dont le front s'alourdit,
    Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
    Cependant des démons malsains dans l'atmosphère
    S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire,
    Et cognent en volant les volets et l'auvent.
    A travers les lueurs que tourmente le vent
    La Prostitution s'allume dans les rues ;
    Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ;
    Partout elle se fraye un occulte chemin,
    Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ;
    Elle remue au sein de la cité de fange
    Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange.
    ...