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    Les Phares de Charles Baudelaire

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    Auguste_Vertu

    par Auguste_Vertu

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    Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
    Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
    Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
    Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer;

    5 Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
    Où des anges charmants, avec un doux souris
    Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
    Des glaciers et des pins qui ferment leur pays;

    Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
    10 Et d'un grand crucifix décoré seulement,
    Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
    Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement;

    Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules
    Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
    15 Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
    Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts;