Turner et ses peintres

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Turner et ses peintres par Joséphine le Gouvello

Pour ne pas reprendre l'enseigne d'une grande exposition qui s'y acheva l'an dernier, le Grand Palais n'a pas nommé celle qui vient d'être inaugurée « Turner et les maîtres ». Mais c'est de cela qu'il s'agit quand même, car pour ce qui est du paysage, les peintres exposés aux côtés de Turner, forment avec lui les maîtres du genre. Celui qui mettait sa tête à la fenêtre du train, par temps de pluie, pour mieux percevoir les effets combinés de la vitesse et du sale temps, à des fins d'injecter l'impression personnelle dans la peinture d'après nature, avait acquis la double langue des aquarellistes anglais et des clair-obscurantistes hollandais. Une peinture éminemment physique qui s'accapare toute la mémoire des sens du spectateur par le seul regard. Il faut voir ces peintures comme l'équivalent ancêtre sensationnel du cinéma, sans le dictat du son. Les tableaux ne font pas écran, ils sont tout en profondeur, il faut plonger dedans. Quand on en ressort, les cimaises deviennent odieuses de lourdeur, carcérales. Cette exposition est un événement qui met en collaboration la Tate londonienne où elle a été installée jusqu'en janvier, le Grand Palais et le Prado de Madrid qui l'accueillera à partir de juin.

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