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    JEAN FERRAT _ NUIT _ BROUILLARD

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    aabdx

    von aabdx

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    Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
    Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
    Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants,
    Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.
    Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres:
    Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés.
    Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre,
    Ils ne devaient jamais plus revoir un été

    La fuite monotone et sans hâte du temps,
    Survivre encore un jour, une heure, obstinément
    Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
    Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir.
    Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel,
    Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou,
    D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel,
    Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.
    Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage;
    Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux?
    ...