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    Rachid Taha – NINE JAI [4ème Webizode]

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    Spöka

    par Spöka

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    Chanter l’amour peut sembler banal comme bonjour. Mais lorsque le cœur s’y met, cela peut aussi illuminer n’importe quelle rengaine. Rachid le sait qui apprécie l’Elvis romantique de Now or Never et Love Me Tender mais aussi cette variété française si facilement méprisée. Avec la chanson Bonjour chantée en arabe et en français avec Gaëtan Roussel, il s’acquitte ainsi, 23 ans après sa version du Douce France de Charles Trenet, époque Carte de Séjour, de sa plus belle révérence envers ce genre populaire dans ce qu’il a de plus sincère. Ce moment délicieux, à situer entre l’univers naïf d’Amélie Poulain et les ritournelles orientales du chanteur égyptien Abdel Alim Hafez, remet le « bonjour » à la mode et parvient même à rendre le sourire et pourquoi pas, l’optimisme. Pourtant cette légèreté n’est en rien symptomatique d’une forme précoce d’amnésie béate chez ce chanteur que l’on sait par ailleurs écorché et engagé. Rachid demeure le produit de trop nombreuses fractures, personnelles et collectives, pour oublier ses devoirs envers cette douleur de l’exil, qu’il réveille ici sur This is an arabian song,où son pote Bruno Maman ( frère algérien de Constantine) répète « n’oublie jamais » sur fond de guitare rock. Ailleurs c’est ce lien fraternel entre juifs et arabes, que l’on ne cesse d’enterrer sous des couches successives de haine et de souffrance, qu’il interroge ( Mabrouk aalik). Décidément l’obscurantisme ne sera jamais bienvenu à sa table, raison pour laquelle dans Sélu, il n’y invite que des pourvoyeurs de lumière, d’Averroès à Naghib Mahfouz, de Camaron à Frantz Fanon, de Lili Boniche à Youssef Chahine, s’acquittant pour chacun d’eux de vibrantes salutations flamenco.