EDWARD BERNAYS - Propaganda 2/2 vostfr

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En étudiant la psychologie des foules avec les idées sur la psychanalyse de son oncle, Sigmund Freud, Eddy Bernays a été un des premiers à vendre des méthodes pour utiliser la psychologie du subconscient dans le but de manipuler l'opinion publique.

2 commentaires

Voici un documentaire de propagande relayés sur les sites et pages anti-Nouvel Ordre Mondial (mais aussi sur de banals sites de vidéo-reportages) et qui prétend démontrer comment un gouvernement invisible travaille à instaurer un nouvel ordre mondial. On s’attaque ici à l’ouvrage Propaganda, d’Edward Bernays. Bien qu’ils soient dénoncés, les travaux du théoricien de la propagande politique et publicitaire moderne sont pourtant appliqués à la lettre. Il ne s’agit pas, ici, d’informer mais bien de manipuler. En effet, les banalités qui sont exposées à propos de l’objet-même du marketing qui consiste à toucher les masses en faisant appel à l’émotion et à créer des besoins (quel scoop !), les non-dits volontaires concernant les réactions de Freud suite à la publication du livre de son neveu et les raccourcis historiques qui sont opérés ne visent qu’à une chose : délégitimer et diaboliser d’une pierre deux coups la psychanalyse, le mouvement féministe et, surtout, les démocraties, voire le monde moderne. On passe insidieusement de la psychanalyse aux multinationales, avec un clin d’œil sur Ford qui « automatise » les hommes, pour finir sur le système financier et ce, afin de mettre le tout en corrélation, comme si les dérives liées à notre modèle économique actuel et la surconsommation qu’il induit, découlaient directement de la psychanalyse et de son père fondateur Freud.

Il est expliqué dans ce vulgaire film que le marketing a pour but de faire consommer le public toujours plus. Soit ! bravo. Mais c’est consommer pour fabriquer, fabriquer pour travailler, travailler pour faire fonctionner le tout ! C’est la base de notre système économique dont les origines n’ont rien à voir à la psychanalyse mais avec le monopole du capital sur la vie politique et ce, bien avant la consécration des travaux de Freud. Idem pour le féminisme, comme si ce courant avait eu besoin d’un « manipulateur » pour exister… le féminisme en tant que réaction, en tant qu’élan d’émancipation, en tant que désir est l’essence même de l’existence. Une phénomène naturel, aussi naturel que la révolte, la rébellion mais aussi la soumission, la barbarie et le nihilisme. Il s’agit d’un désir d’émancipation/affirmation d’une liberté (volonté de puissance/pulsion de vie), lesquels s’opposent au renoncement, à la soumission, au conformisme (volonté de néant qui inhibe par peur des libertés/pulsion de mort).

Bernays est un intellectuel qui, en se fondant sur des travaux de recherches sociologiques et psychanalytiques, a créé une matière moderne qui peut être utilisée à bon ou à mauvais escient. Il a mis en exergue le fait que le public a besoin d’être guidé/éclairé et que les politiciens/entreprises veulent être éclairées sur les masses, d’où la nécessité d’experts. Le « gouvernement invisible » dont il parle (notion chère aux conspirationnistes) désigne les experts et l’on ne peut imaginer aujourd’hui une démocratie sans expert, les sujets étant de plus en plus techniques et diversifiés. Bernays s’est ensuite professionnalisé et a vendu ses services à quiconque le sollicitait. On pourrait redire sur ses employeurs et sur ses activités personnelles, mais c’est un autre sujet.

Un pamphlet donc qui laisse entrevoir la couleur idéologique de ceux qui l’ont déposé. La psychanalyse a été mise à mal par tous les régimes fascistes, avec quelques exceptions pour certains psychanalystes qui ont accepté de collaborer à des expériences biologiques sur la psyché (mais il ne s’agissait pas de psychanalyse à proprement parler). Pourquoi une telle hostilité des fascistes ? Parce que la psychanalyse est un exercice intellectuel d’introspection, une démarche émancipatrice, une fouille de l’arrière scène inconsciente qui puisse délivrer les individus de leurs conflits et servitudes, ce qui ne va évidemment pas dans le sens des régimes et courants de pensée autoritaires, lesquels préfèrent une société faite d’aliénés réprimés. En outre, le propre du marketing est de créer une dépendance vis-à-vis d’un objet, ce qui n’est pas le but de la psychanalyse qui, au contraire, pousse le sujet à s’émanciper de son objet. Affirmer que la découverte des désirs inconscients par la psychanalyse visait à permettre la manipulation collective est donc un comble. Les nihilistes n’aiment pas les désirs inconscients, ils préfèrent les refoulés dociles pour en faire des machines (ils sont pires que Ford). C’est ce que l’on retiendra de ce film de propagande fasciste.
Par Alexandra Basset l'année dernière
excellent documentaire
Par Gegen Gegene il y a 3 ans