Le Modèle suisse

Liberté Chérie
135
1 934 vues
  • Infos
  • Exporter
  • Ajouter à
Stefan Metzeler, co-fondateur de l'organisation libertarienne suisse pro-libertate, nous expliquait à Grenoble le 12 Février 2009 les raisons du succès d'un petit pays parmi les plus pauvres d'Europe il y a deux siècles encore et sans ressources naturelles particulières : la Suisse.

Voilà qui permet de mieux comprendre ce pays à la fois si proche et si lointain. La clé de la réussite helvétique réside dans son modèle institutionnel Bottom Up [i.e. « poussé par le "bas" », NdE], où la base du pouvoir reste dans les mains de l'individu, et dans la concurrence fiscale entre collectivités, et ce malgré les entorses à ce modèle historique faites depuis quelques années.

A noter le passage ou il démonte les mythes concernant la prétendue dépendance de la Suisse à la finance mondiale, et ceux concernant « l'argent sale », taillant un beau costard au dénommé Jean Ziegler, altermondialiste très critique de la confédération et fréquemment reçu par nos médias.

Mon passage préféré est celui où Stefan explique, avec son accent inimitable, pourquoi la richesse n'est pas un problème en suisse. Je résume en substance :

« Un suisse riche va dépenser chaque année 2 à 3% de sa fortune. Et après ? Le reste est placé dans ses entreprises. Les suisses savent que cet argent, géré par un propriétaire responsable, va servir à financer et maintenir à niveau l'exceptionnel appareil productif qui leur permet de bénéficier de salaires parmi les plus élevés au monde. Dans ces conditions, pourquoi prendre l'argent des riches suisses pour le donner à dépenser par des fonctionnaires et des bureaucrates ? Les suisses savent que l'argent ne sera certainement pas mieux employé ! Voilà pourquoi nombre de cantons conservent des taxes marginales faibles. »

La Suisse, petite par la taille, grande par l'intelligence!

18 commentaires

A noter aussi les mensonges racontés au sujet de la Suisse face aux nazis. Le portrait brossé par Metzeler est embelli à l'extrême. L'ensemble de la bibliographie historique consacrée à ce sujet donne une image beaucoup plus nuancée (voir par ex. La Suisse et les nazis de Pietro Boschetti). La vidéo "L'Etat n'existe pas" donne aussi une idée des thèses défendues par Metzeler. En quelques mots: utiliser un maximum de faits divers pour décrédibiliser l'Etat et pour nous faire croire que les acteurs économiques agissent de manière bien plus vertueuse... Dans ce cadre, les différentes crises économiques ne sont en aucun cas liés au rôle des banques au spéculateurs ou aux employés motivés par le seul appât du gain. Non tout est la faute des Etats et des politiciens. Une rhétorique tellement simpliste que peu de gens, sauf quelques malheureux, parviendront à gober.
Par wing wing il y a 4 ans
D'accord, je vous l'accorde, ma formule de dégueulement de louanges n’était peut-être pas la plus appropriée. Je suis simplement surpris du tableau idyllique que vous dressez de la Suisse. Je suis d’accord à 99% sur ce que vous dites sur notre pays mais à mon sens il faut être objectif et ne pas déformer la réalité comme vous le faites parfois sur certaines questions…

Amicalement ;)
Par Jean Plouc il y a 5 ans
La Suisse aussi souffre de mauvais comportements qui s'expliquent par son succès passé. Les Suisses culpabilisent (c'est courant parmi les stars) et se croient investi d'un devoir de sauver le monde par des actes humanitaires. Du coup, on abandonne ce qui faisait le succès et on s'auto-élimine, encore comme les stars.

Le message ici concerne les points qui ont fait le succès par le passé. Comment éviter les mauvais comportement qui s'ensuivent après le succès, c'est une autre question. C'est très difficile de faire comprendre à des jeunes qui grandissent dans le comfort que ce n'est pas acquis et qu'il faut continuellement se battre. Et que tout le monde n'est pas gentil. Qu'on n'est pas méchants parce qu'on a réussi, qu'il n'y a donc aucune raison de culpabiliser.
Par Stefan Metzeler il y a 5 ans
Question de style, votre "dégeulement de louanges" n'invite pas exactement à un dialogue sympatique. Vous voulez parler des défauts de la Suisse, c'est une chose, mais ce que vous faites, c'est attaquer ma présentation dont le but était justement de relever les points positifs qui ont fait le succès de la Suisse pour donner un example positif.

Pour donner une analogie, moi, j'ai décrit ce qui a fait le succès d'une star (disons Michael Jackson) et vous dites que c'est faux parce qu'ensuite, il a déliré complètement et a fini par mourir d'une overdose de médicaments. C'est une conséquence du succès mal géré, mais ça ne vient pas entamer les recettes du succès.
Par Stefan Metzeler il y a 5 ans
J’ai lu attentivement l'ouvrage « Le modèle suisse : Pourquoi ils s'en sortent beaucoup mieux que les autres ». Il faut le prendre avec des pincettes, c’est une thèse sur le bon fonctionnement de notre pays mais il manque l’antithèse et la synthèse. Ce livre n'est pas objectif!
Par Jean Plouc il y a 5 ans
Voir plus de commentaires