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    Au pays des droits de l'homme... La femme n'existe pas(1)

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    verso1

    par verso1

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    Les femmes tondues ne sont pas identifiées et aucune étude sérielle n'a pu ni ne pourra être menée : il peut s'agir de jeunes filles peu favorisées économiquement, des femmes seules, divorcées, veuves ou dont le mari est encore en captivité. La plupart ont dû, pour survivre, faire le ménage, laver le linge, ou faire tout autres travaux au service des Allemands. Certaines sont tondues à cause de la proximité avec l'occupant : on peut notamment citer les jeunes institutrices, dont le logement de fonction jouxtait souvent les logements attribués aux occupants, ce qui a permis l'établissement de relations jugées sévèrement. D'autres femmes furent tondues pour prostitution avec l'occupant. Une relation amoureuse a pu s'établir entre la tondue et un Allemand. Enfin, la tondue peut être une vraie collaboratrice.

    En 1940-1944, l'ensemble de la France est dévirilisée par la déroute de 1940 ; une partie de la faute en est rejetée sur les femmes et l'« esprit de jouissance » dénoncé par l'État français. Les tontes sont ainsi le moyen pour les hommes de retrouver leur virilité, une compensation de leur échec à protéger la patrie féminine et le retour à une répartition traditionnelle des rôles. La tonte de la chevelure, instrument de séduction symbole de féminité, est ainsi la punition du corps qui a pêché.

    La tonte cause un traumatisme parfois jugé comme plus important que le viol. Les femmes tondues se sont souvent refusé, pour une période plus ou moins longue, tout droit au bonheur, et une difficulté, voire une impossibilité, à se reconstruire une vie et un équilibre intérieur. Ce choc traumatique se transmet également aux enfants, qui peuvent être dépressifs ou intérioriser un sentiment de culpabilité, notamment les filles de soldats allemands