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    Leo Ferré - Les amants tristes

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    Ricardo Alonzo

    par Ricardo Alonzo

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    On dit dans ton quartier que tu as froid aux yeux
    Que t'y mets des fichus de bandes dessinées
    Et que les gens te lisent un peu comme tu veux
    Tu leur fais avaler tes monts et tes vallées

    Tu es aux carrefours avec le rouge mis
    On y attend du vert de tes vertes prairies
    Alors que j'ai fauché ce matin dans ton lit
    De quoi nourrir l'hiver et ma mélancolie

    Mélancolie mélancolie la mer revient
    Je t'attends sur le quai avec tes bateaux blêmes
    Tes poissons d'argent bleu tes paniers ton destin
    Et mes mouettes dans tes cris comme une traîne

    Je connais une femme lubrique à Paris
    Qui mange mes syllabes et me les rend indemnes
    Avec de la musique autour qui me sourit
    Demain je lui dirai des hiboux qui s'envolent
    J'en connais dans ma nuit qui n'ont pas de fourrure
    Qui crèvent doucement de froid dans l'antarctique
    De cette négation d'aimer au bout de l'ombre
    Mes oiseaux font de l'ombre en plein minuit néon
    Sous les verts plébiscites

    Tu connais une femme lubrique à Moscou
    Qui mange tes syllabes et les met dans ton bortsch
    Il connaît une femme lubrique à Pékin
    Qui mange sa muraille et la donne au Parti
    Demain nous leur dirons des hiboux qui s'envolent
    J'en connais dans leur nuit qui n'ont plus de jaquette
    Qui crèvent doucement de froid sous leur casquette
    Avec leurs beaux yeux d'or mêlés du Palomar là-bas