Les filles de la Tuna de Porto

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Dans ma bulle hors du temps dans ma cabine du bateau de croisière "Fernao de Magalhaes", sur le fleuve Douro, au nord du Portugal, alors que je vois passer des troncs d'arbre sur l'eau, que j'entends un chauffeur un peu fou et joyeux traverser la vallée en face de Folgosa avec la musique à fond, je jette un oeil aux chaînes françaises sur ma télé. J'apprends à quelques heures d'intervalle que Pascal Sevran est mort et puis qu'il est vivant. Et les commentaires entendus sur son décès - « il méritait mieux que le jugement sur ses émissions pastel avec chanteurs d'un autre temps » - restent suspendus dans l'espace, incongrus mais réels, comme des photos voilés qu'on ne peut développer.
Et puis la « Tuna Académica » de l'université de Porto a débarqué le lundi soir pour occuper un séjour qui s'étirait. Des filles avec des capes noires, des tambourins, des mandolines et des guitares et une belle énergie. Ce type de formation est traditionnelle dans les facs et, ma foi, il faut que cela continue. Dans le bar du bateau, elles reprennent des fados en en gommant la mélancolie, elles chantent avec un joli mouvement de houle leurs compositions et c'est charmant comme du vino verde. J'adore la mandoliniste avec ses yeux toujours baissés sur les cordes, ses longs cils, son application et son sourire.

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