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    Friedländer - Dauzat / 5. Le lexique du crime

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    La Vie des Idées

    par La Vie des Idées

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    Il y a tout un système de codage et d'euphémismes dans le langage nazi, qui désigne spécifiquement les activités d’extermination des Juifs. Lorsqu’on travaille sur le nazisme, on est confronté à une absence de langage pour dire les choses les plus criminelles. Je pense à un discours de Himmler, prononcé à Posen en 1943, où il dit que « l'extermination des Juifs est une page glorieuse qui n'a jamais été écrite et ne devra jamais être écrite ». Parallèlement, on dispose d’une série de témoignages, extrêmement nombreux, de la part des criminels eux-mêmes : les simples soldats, les supplétifs, les industriels, les gardiens de camps, etc. On a donc, d'un côté, une absence de mots pour décrire le crime et, de l'autre, une pléthore de témoignages. Est-ce que vous pouvez nous parler de ce contraste – comme si le secret de la Shoah était trop lourd à porter pour ceux qui ont commis le crime ? [00:00 à 07:56]