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    Rwanda, 10 avril 94 : "Une orgie de violence"

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    LiliTheKing

    par LiliTheKing

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    Le journaliste de l’émission Dimanche magazine Léo Kalinda, lui-même d’origine rwandaise et dont de nombreux proches sont morts pendant le génocide, explique la situation au Rwanda, trois jours après le début des massacres. Il dresse un portrait des forces en présence et de l’implication de la France dans ce pays.

    À l’écoute de ce reportage, il est encore difficile d’imaginer les exactions subies par les Tutsis et les Hutus modérés pendant 100 jours.

    La presse internationale révèle les massacres dans les jours suivant les assassinats de Habyarimana, Ntaryamira et Uwilingiyimana. « La situation vire au chaos », titre Le Devoir du 9 avril. « L’ONU mesure son impuissance », renchérit le quotidien français Le Monde, soulignant que les Casques bleus, ne pouvant tirer qu’en cas d’autodéfense, n’ont rien pu faire pour sauver Agathe Uwilingiyimana, qui avait tenté d’échapper à la garde présidentielle en se réfugiant dans les locaux des volontaires de l’ONU. Dix Casques bleus belges chargés de sa protection sont également assassinés.

    La frénésie de violence des extrémistes hutus qui ont participé aux massacres – des miliciens baptisés Interahamwe – est attisée par les médias rwandais, et plus particulièrement par la Radio-Télévision libre des Mille Collines. Au Rwanda comme dans de nombreux pays pauvres où le taux d’analphabétisme est élevé, la radio demeure le moyen de communication le plus efficace.

    Radio Mille Collines appelle les Hutus à « remplir les tombes » et à « exterminer les cafards ». Les animateurs donnent sur les ondes les noms et les adresses de Tutsis et de Hutus modérés à éliminer. Les Casques bleus belges sont également dans la mire de cette radio privée.

    Date de diffusion: 10 avril 1994
    Ressource(s) : Léo Kalinda, Daniel Raunet
    Invité(s) : Jean-Pierre Chrétien, Alison Desforges, Elikia Mbokolo, Guy Theunis, Agathe Uwilingiyimana