Total Birmanie Répression sanglante

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par peace4all

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France Culture - 4 octobre 2007 - 7h35 - La revue de presse européenne par Cécile de Kervasdoué

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/information/accueil/revue_presse.php />

Atrocités en Birmanie: cette fois le monde doit savoir!

...9 heures et quart ce soir à Rangoun... raconte un reporter du Spiegel qui pour des raisons de sécurité ne signe pas son article... c'est l'heure où la frayeur s'empare de toute le ville... les premiers soldats lourdement armés prennent leurs positions autour des quelques rares restaurants qui servent encore les occidentaux... le couvre feu est fixé à 10 heures... et pour rester en vie il faut vite rentrer chez soi ... nous tentons vainement de trouver un taxi lorsqu’un jeune homme sort de l'obscurité... il attendait depuis longtemps de pouvoir parler à des étrangers... "s'il vous plait …dit il dans un anglais correct... surtout ne croyez pas ce que la junte vous dit.... et il murmure... la répression a lieu toutes les nuits, quand il n'y a plus de témoins... il rentrent dans les maisons et ils tuent les gens chez eux... par centaines!... ça se passe surtout à Oka lapa ...dans la banlieue est de la ville, la plus défavorisée... là d'où sont parties les protestations... ce sont les soldats du Lom Ten d'anciens repris de justice, qui font le sale boulot de la junte... dit il encore d'une voix étranglée... ils sont aussi allés au monastère de Weiza Yandar… ils ont fait sortir 200 jeunes moines... après avoir frappé leur tête dans un mur de pierre et alors qu'ils étaient tout couvert de sang ils les ont emmenés...
Nous pleurons nos moines... lance t il encore avant de disparaitre comme il était apparu
...

9 commentaires

Instrumentalisée depuis de nombreuses années par la junte militaire, la sangha, la communauté monastique bouddhiste, ne semblait plus être en mesure de jouer un rôle politique de premier plan. Les manifestations pacifiques de milliers de jeunes bonzes (et bonzesses) dans les rues de l’ancienne capitale Rangoun et dans celles d’autres grandes villes du pays indiquent que cette instrumentalisation n'a pas réussi totalement. L’engagement en politique des bonzes bouddhistes est un fait avéré. Dans ce pays où la population ethniquement birmane (75 % des habitants du pays) est profondément bouddhiste, adepte du bouddhisme Theravada (dit du Petit Véhicule), les bonzes n’ont pas vocation à faire de la politique, ni même à s’impliquer dans l’action sociale ou caritative, mais, étant en contact quotidien avec la population, ils se trouvent au cœur de la vie sociale.
Par Joseph_Balsamo Il y a 7 ans
De ce fait, les généraux au pouvoir en Birmanie depuis le coup d’Etat du 2 mars 1962 ont toujours eu à cœur de considérer que le bouddhisme pouvait être un instrument pour contrôler le pays. La communauté monastique, la sangha, a ainsi fait l’objet d’une attention constante de la part des militaires au pouvoir, dont la conduite a été de manier la carotte et le bâton. Le bâton car le régime n’a jamais hésité à emprisonner les moines affichant leur opposition au régime en place. La carotte car les généraux, très conscients de la ferveur religieuse de la population, se sont toujours impliqués activement dans l’organisation d’activités bouddhistes. Les dirigeants de la junte et leurs épouses s’affichent comme des bouddhistes pieux et des protecteurs du bouddhisme birman, multipliant les offrandes aux pagodes et aux monastères d’enseignement pour s’inscrire dans la lignée des monarques d’antan qui se conformaient aux commandements du Bouddha.
Par Joseph_Balsamo Il y a 7 ans
Un exemple parlant de cette volonté d’exploiter pour son propre compte le sentiment religieux des Birmans a été la fabrication et l’acheminement à Rangoun du "Roi du Dhamma", une statue de bouddha de près de 12 mètres de haut, sculptée dans un énorme bloc de marbre près de Mandalay. Entre le 9 juillet et le 9 août 2000 (le 9 est le chiffre fétiche de la junte), cette statue colossale de 680 tonnes a descendu le fleuve Irrawaddy sur une barge, s’arrêtant dans les chefs lieux de districts où ont été organisées des cérémonies grandioses présidées par des membres de la junte. A chaque étape, les fidèles étaient réquisitionnés pour assister aux rites et faire des donations afin de financer la coûteuse entreprise. La statue se trouve actuellement dans une pagode proche de l’aéroport Mingaladon, près de Rangoun. Sur les fresques murales, on y voit de manière révélatrice bonzes et militaires en uniformes se mêler les uns aux autres.
Par Joseph_Balsamo Il y a 7 ans
Face à cet encadrement des activités religieuses par les militaires, les moines qui ne font pas cause commune avec le pouvoir n’ont comme seule arme que de refuser les aumônes du régime et de ses partisans. En 1990, ceux des moines qui sont engagés dans le mouvement en faveur de la démocratie avaient menacé de procéder à un "patam nikkujjana kamma", ce refus des aumônes, de la prédication et des rites religieux, qui expose le bienfaiteur dont le don est refusé à se voir condamner à demeurer dans le cycle des réincarnations.
Par Joseph_Balsamo Il y a 7 ans
On a vu, lors des manifestations de ces derniers jours, que ce geste avait été à nouveau utilisé par des moines. Au-delà, un engagement plus directement politique n’est pas à exclure. En 1996, dans une interview au Bangkok Post, Aung San Suu Kyi déclarait : "La tradition d’engage-ment des moines dans la politique est très ancienne et ne disparaîtra pas facilement. Elle se manifeste plus ou moins ouvertement selon les circonstances et elle peut se réfugier dans la clandestinité". Pour plus de documentation, voir : La robe et le fusil : le bouddhisme et la dictature militaire en Birmanie , par John Sisley, in Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2001, vol.32, n° 1
Par Joseph_Balsamo Il y a 7 ans
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