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    BigDog

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    Zbigniew Welsh

    par Zbigniew Welsh

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    Le robot quadrupède Big Dog (voir également : http://www.dailymotion.com/video/140364)

    JPB 8/03/06

    Dans la course au développement de robots militaires ou spatiaux capables de transporter des charges en terrain variés, il semble que la firme General Dynamics vienne de prendre une longueur d'avance, avec la "mule" BigDog.

    La firme présente en fait ce nouveau robot comme le quadrupède robotique le plus avancé au monde. Des capteurs détectent les différentes natures de terrain et s'y adaptent. D'autres, propriocepteurs, basés sur des centrales inertielles, détectent le moindre "faux-pas". Le robot peut gravir des pentes abruptes, traverser des éboulis de roches et garder son équilibre même après avoir reçu un violent coup de pied latéral (dont ne se privent pas ses concepteurs, comme le montre la vidéo ).

    Les 4 jambes, qui peuvent être revêtues de pantalons pour leur donner un aspect encore plus naturel, disposent de 3 articulations contrôlées par un PC embarqué. Les circuits hydrauliques du robot sont mis en oeuvre par un moteur 2-temps à essence. Le poids total est d'environ 100kg. Le robot peut disposer d'une certaine autonomie, mais il peut aussi évidemment être téléguidé ou filoguidé.

    Le projet est financé par la DARPA qui compte faire ainsi transporter des charges de 40 kg, en assistance à des militaires opérant sur des terrains inabordables par des véhicules à roues. Quand on y réfléchit, un robot quadrupède n'est pas le véhicule le plus stupide pour transporter des charges dans des terrains variés. Les performances de Bog Dog sont assez stupéfiantes. Si on extrapole une telle machine on retrouve les robots de la guerre des étoiles. Certains voient dans Big Dog une sorte de "mule" destinée à soulager un fantassin pour le transport de charges. Mais c'est faire sérieusement manque d'imagination. Big Dog peut se faufiler à couvert, emporter caméras et mitrailleuses, lance-missile, poser des mines anti-personnel. Après avoir procédé à une approche de sa cible en cheminant au milieu d'éboulis, de décombres, de sous-bois, il peu écarter les pattes, se caler et procéder à un tir bien ajusté. En allant plus loin, la ressemblance avec un animal peut être peaufinée. Elle est déjà assez étonnante, du point de vue de la démarche. Big Dog, en tant que "mule" est un engin complexe, mais c'est aussi la préfiguration de machine opérant des pénétrations sous un camouflages animalier. Ce film nous montre que désormais tout doit être envisagé. Un jour des hommes de gardes devront tirer sur le moindre hérisson, le moindre chien errant, le moindre rat qui se faufilera, la moindre mouette qui les survolera, la moindre poule qui s'approchera d'eux en picorant, parce que ce ne seront peut être ni un hérisson, ni un chien, ni un rat, ni une mouette et que cette poule-là aura peut être ... des dents.

    Dans le site de la société, ne ratez pas le robot muni de griffes qui parvient à grimper le long d'un mur de briques vertical. Un jouet ? Non, s'il est chargé d'explosif ou de gaz toxique, ou anesthésiant.

    Big Dog, le quadrupère, progresse à une vitesse tout à fait convenable. Il réagit de manière très rapide à des tentatives de déstabilisation ( un coup de pied dans son "flanc "). Au delà il n'est nullement impossible de concevoir des engins quadrupèdes capable de courir plus vite que n'importe quel animal, de sauter des obstacles. Rappelez vous le premier véhicule motorisé le l'histoire : le fardier de Cugnot, doté d'une machine à vapeur. Il avançait si lentement qu'un cavalier pouvait le précéder, écartant les curieux. Je crois qu'on a fait du chemin depuis. J'imagine que ceux qui l'ont vu ont dû se dire " imagine-t-on que cela va un jour remplacer le cheval ?"

    Le propre des journalistes scientifiques est souvent leur incapacité à extrapoler. Une voiture se déplace beaucoup plus vite qu'un cheval. Un jour des robots quadrupèdes se déplaceront au galop, en évitant les obstacles à une vitesse qui nous supéfiera.

    Nous sommes des machines très primitives. Notre influx nerveux chemine à basse vitesse. Vous connaissez l'expérience du billet. Quelqu'un place un billet de banque entre votre pouce et votre index, distants de 5 cm. Le jeu est le suivant. Votre assistant lâche soudain le billet et vous devez refermer vos doigts avant qu'il ne vous échappe. Vous n'y pervenez jamais. Parce que le temps qui sépare votre perception visuelle de la chûte du billet, ajouté au temps d'analyse par votre cerveau et au temps de cheminement de l'ordre "refermer la main" est beaucoup trop long.

    Les robots ont de beaux jours devant eux, non pas parce qu'ils imiteront les hommes et les êtres vivants mais poarce que leurs performances seront infiniment supérieures.

    source: www.jp-petit.com