Al-Qaïda annonce son implantation en Inde

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L’Inde dans la ligne de mire d’al-Qaïda. C’est en tout cas ce que pensent les services de renseignement indiens puisqu’ils ont demandé à plusieurs États d’augmenter le niveau d’alerte terroriste.

La raison ? Une vidéo diffusée mercredi et dans laquelle le numéro un de la nébuleuse terroriste, Ayman al Zaouahri, annonce la création d’une branche en Asie du Sud. Objectif : “hisser le drapeau du Jihad, rétablir la loi islamique et instaurer la charia” à travers le sous-continent indien. Et d’estimer qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour les musulmans “de Birmanie, du Bangladesh, de l’Assam, du Gujarat, d’Ahmedabad et du Cachemire” face à l’“injustice” et l’“oppression”.

Cette nouvelle branche serait constituée par le regroupement depuis deux ans de combattants qui dépendront de l’autorité du pakistanais Assim Oumar, lui-même subordonné au mollah Omar, l’un des leaders talibans en Afghanistan.

Le sous-continent indien, qui compte environ 15 % de musulmans, soit 175 millions de personnes, est régulièrement secoué par des tensions entre les communautés hindoue et musulmane. Le Cachemire, que se disputent Inde et Pakistan depuis plusieurs décennies, a toujours attiré les candidats au jihad.

Autre exemple, l’Assam, situé à l’extrême nord-est de l’Inde. Cet État est régulièrement le théâtre de massacres. Les populations musulmanes immigrées, qui arrivent notamment du Bangladesh, sont prises pour cible par des factions armées chrétiennes aspirant à l’indépendance de leur région.

Enfin, al-Qaïda a d’autant plus envie de s’implanter sur le sous-continent indien que son nouveau Premier ministre est considéré comme un ennemi. Avant d‘être élu, Narandra Modi dirigeait le gouvernement central du Gujarat. Cet État a connu, en 2002, des émeutes à caractère religieux. Plus de 1 000 personnes ont été tuées, essentiellement des musulmans. Il s’agit des violences inter-communautaires les plus meurtrières depuis l’indépendance de l’Inde, en 1947. Leader du mouvement nationaliste hindou, Modi est accusé d’avoir fermé les yeux, voire même d’avoir permis les violences.

Mais cette vidéo d’al-Qaïda doit également être considérée à travers le prisme de la “rivalité” entre mouvements radicaux. Déjà en perte de vitesse, l’organisation fondée par Oussama Ben Laden se devait de réagir face à la montée en puissance de l‘État islamique en Syrie et en Irak.

L’EI, dirigée par l’auto-proclamé “calife” Abou Bakr al Baghdadi est, à l’origine, une branche dissidente d’al-Qaïda, mais les deux organisations se sont progressivement éloignées l’une de l’autre, et même affrontées militairement en Syrie au début de l’année.

Reste que les succès militaires de l’EI en Syrie et dans le Nord de l’Irak ont irrémédiablement fait grandir son aura dans le monde des jihadistes. Une aura qui menace d‘étouffer les autres organisations radicales, al-Qaïda compris.

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