Léo Ferré/Verlaine -Ame te souvient-il

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Aldebaran333
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Encore dans « ferré chante verlaine et Rimbaud» ,« Ame, te souvient-il » est sans doute un des poèmes les plus touchants de verlaine au contenu largement autobiographique
C' est le dix-huitième poème d'un cycle publié en 1888 dans « Amour » et qui regroupe vingt-cinq textes, tous dédiés à la mémoire de Lucien Létinois
Professeur à l'institution Notre-Dame, Verlaine avait fait la connaissance de ce dernier : sa rencontre avec cet élève se transforme en complicité, et laisse place à une amitié passionnelle au fil du temps.
Suite à plusieurs pérégrinations dont la perte de son poste , ce qui le ramène lui et Lucien en Angleterre, le poète s'installe à Boulogne dans un hotel, Lucien occupant un poste dans l'industrie à Auteuil Or chaque fin d'après-midi, Verlaine va attendre Lucien à Auteuil, et ils regagnent ensuite Boulogne à pied. C'est précisément cette période de leur vie qu'évoque le poème, un poème qui s'adresse de façon générale à ceux qui ont disparu et dont on garde le souvenir au fil des années, leurs voix ne s'étant jamais vraiment tues
Un poème que Ferré a habillé ce poème d'une "gente"musique avec des ritournelles en forme de valse!

Ame, te souvient-il, au fond du paradis,
De la gare d'Auteuil et des trains de jadis
T'amenant chaque jour, venus de La Chapelle ?
Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle
Mes stations au bas du rapide escalier
Dans l'attente de toi, sans pouvoir oublier
Ta grâce en descendant les marches, mince et leste
Comme un ange le long de l'échelle céleste,
Ton sourire amical ensemble et filial,
Ton serrement de main cordial et loyal,
Ni tes yeux d'innocent, doux mais vifs, clairs et sombres,
Qui m'allaient droit au cœur et pénétraient mes ombres.
Après les premiers mots de bonjour et d'accueil,
Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil
Et, sous les arbres pleins d'une gente musique,
Notre entretien était souvent métaphysique.
O tes forts arguments, ta foi du charbonnier !
Non sans quelque tendance, ô si franche ! à nier,
Mais si vite quittée au premier pas du doute !
Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route
Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt,
Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt,
Et dépêcher longtemps une vague besogne.
Mon pauvre enfant, ta voix dans le Bois de Boulogne !

1 commentaire

Superbe, et merci pour les explication "historiques" sur ce poème, c'est un poème sublime et la mise en musique par Ferré en fait une chanson géniale, une des plus émouvantes du répertoire de Ferré, bravo pour ton interprétation.
Par Spianissimo l'année dernière