Léo Ferré/Baudelaire-A une passante

Aldebaran333
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Encore un poème des fleurs du mal mis en musique par Léo Ferré en 1967, « A une passante » fait partie de la section intitulée « tableaux parisiens » qui évoque les rues de la capitale et les rencontres qu'on peut y faire (un poème qui n'apparaît que dans la réédition augmentée de 1861)
C'est le récit d'une rencontre de hasard entre le poète et une mystérieuse passante , un de ces « coups de foudre » comme on peut en trouver dans les romans et qui se mettrait en place dès le premier échange de regards Une femme qui incarne l'idéal féminin (il la compare à une statue) mais qui est à la fois attirante et intimidante C'est un amour idéalisé et donc hors de portée et voué à l'échec Cette rencontre furtive laisse en fin de compte vite place à la déception, à la douleur lors du retour au monde réel Mais le poète, hypersensible se décrivant lui-même comme un personnage assez grotesque et qui ressent la foule comme une agression, ,n'attendant pas grand-chose de la vie s'est vu renaître l'espace d'un instant!
Un poème qui baigne dans un climat un peu surnaturel, un instant figé dans l'éternité que là encore Ferré a très bien illustré par une certaine immobilité avec ses arpèges répétés

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

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