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    "A Erbil, la population est choquée par la fuite de l'armée irakienne"

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    euronews (en français)

    par euronews (en français)

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    Erbil est la la capitale du Kurdistan irakien, c’est aussi la quatrième ville d’Irak derrière Bagdad, Bassora et Mossoul. Elle est d’ailleurs située à 88 km de Mossoul.

    Le gouvernement autonome kurde du nord de l’Irak a déployé ses forces, les peshmergas, hostiles aux jihadistes pour contrôler notamment l’afflux de réfugiés.

    Entretien avec la journaliste britannique Hermione Gee, depuis Erbil.

    Naomi Lloyd, euronews :
    “Hermione, pouvez-vous nous donner une idée de ce qui se passe sur le terrain et du nombre de personnes qui fuient les zones de combats ?”

    Hermione Gee :
    “Depuis lundi nous avons vu environ 320 000 personnes arriver au Kurdistan, en provenance de la ville de Mossoul. Je me suis rendue aux checkpoints mardi et mercredi et les scènes ressemblaient à ce que vous pouvez imaginer : des files de voitures à perte de vue, des gens tentant de passer la frontière à pied, des gens portant toute leur maison, toute une vie, tout ce qu’ils pouvaient sur leur dos. Le gouvernement régional du Kurdistan a installé un camp de réfugiés de fortune, qui est vraiment basique : on y trouve seulement quelques tentes et un peu d’eau, mais je suis sûre qu’ils vont l’améliorer dans les jours qui viennent”.

    Naomi Lloyd, euronews :
    “Que pensent-ils de l’armée irakienne qui a fui, visiblement, dès les premiers signes de l’arrivée des jihadistes ?”

    Hermione Gee :
    “Je crois que les gens ont été relativement choqués de voir l’armée fuir si vite, sans même combattre. Les peshmergas kurdes que j’ai rencontrés ce jeudi à la frontière avec la zone contrôlée par l‘État islamique en Irak et au Levant, près de Mossoul, et bien ces peshmergas en riaient, ils disaient que ça n’aura jamais pu se produire avec des peshmergas en raison de leurs valeurs et parce qu’ils sont plus courageux que les soldats de l’armée irakienne.
    Le problème, c’est aussi la composition de l’armée irakienne. Beaucoup de soldats n’ont pas rejoint ses rangs par patriotisme mais pour le salaire. Les Kurdes, qui ont eux subi des décennies d’oppression sous Saddam Hussein, ne se battent pas seulement pour leur salaire mais surtout pour la cause, celle du Kurdistan. Donc ici les gens sont assez fiers des Peshmergas et comme je le disais, ils se moquaient presque du comportement de l’armée irakienne”.