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    Visite Royale au Sahara

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    Reda Redalinho

    par Reda Redalinho

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    SM le Roi Mohammed VI entame, ce lundi 20 mars, un déplacement de cinq jours dans les provinces du Sud. Quatrième du genre, après une série de trois déplacements effectués par le Souverain entre novembre 2001 et mars 2002, cette visite devrait concerner les villes de Laâyoune et Boujdour. Elle intervient alors que le dossier du Sahara marocain connaît plusieurs développements. A commencer par l’approche de la date à laquelle le Maroc doit présenter le projet d’autonomie pour les provinces sahariennes aux Nations unies. Un projet annoncé par le Souverain le 6 novembre dernier, et dont les détails font depuis l’objet d’une large concertation au sein des partis politiques (voir article ci-contre). Cette visite intervient également alors que la diplomatie marocaine a marqué plusieurs points au cours de ces dernières semaines. Il y a d’abord l’annulation par le Tchad, cinquième plus grand pays d’Afrique et disposant d’une place stratégique en Afrique centrale, de sa reconnaissance de la pseudo-république sahraouie. L’annonce de ce retrait a eu lieu vendredi 17 mars à l’issue de l’audience accordée par le Souverain au ministre tchadien des Affaires étrangères. Le Tchad avait reconnu la RASD en juillet 1980. Cette décision traduit également la large adhésion dont jouit le projet marocain d’autonomie en Afrique. Il y a aussi la République démocratique du Congo (RDC), dont le président, Joseph Kabila, a apporté son soutien «à la position du Maroc sur le Sahara marocain», dans une déclaration publiée à l’issue de la dernière visite royale à Kinshasa. Un autre coup dur à l’alliance polisario-algérienne émane de l’intérieur même du polisario. Celui-ci a récemment fait l’objet d’une scission ayant abouti à la création d’une aile dissidente sous l’appellation «Front Polisario-ligne du martyr», dont le porte-parole est Salek Mahjoub. Ce mouvement, qui se présente comme «réformiste», cherche à mener un combat contre l’actuelle direction des séparatistes qui «s’obstine à maintenir son emprise» sur les sahraouis séquestrés dans les camps, «en s’imposant par la voie de l’ignorance, du tribalisme et de la corruption».

    Se considérant comme le «porte-parole officiel» des populations séquestrées, en remplacement de «cette direction corrompue et opportuniste ( )», le mouvement vise également à sortir les populations sahraouies du joug de l’Algérie et ses services secrets, responsables selon le communiqué «de l’échec de toutes les initiatives antérieures». Quelles que soient les idées qu’elle compte défendre, et elles sont plutôt radicales, l’émergence d’une dissidence au sein du polisario fragilise davantage le mouvement séparatiste qui, depuis son auto-proclamation en pseudo-république, est toujours en mal de légitimité.

    Tarik QATTAB et notre envoyé spécial à Laâyoune, Mostafa Bentak



    Quatre dans une chambre

    Cela fait plus d’une semaine que la capitale du Sud vibre aux rythmes des préparations pour la visite royale. Des centaines de familles sont venues de toutes les provinces du Sud. De leur côté, les tribus participent à la manifestation en s’invitant mutuellement. Jusqu’à minuit, les cafés ne désemplissent pas et, en journée, la place centrale de Laâyoune, Oum Saad, est envahie par la foule qui vient assister aux spectacles. Tous les hôtels de la ville affichent complet depuis plus d’une semaine. D’ailleurs, notre envoyé spécial s’est retrouvé avec 4 personnes dans une même chambre, par manque de place. Par ailleurs, la foule aussi fait le bonheur des vendeurs de gros qui ont vu leur chiffre d’affaires exploser. Les agences de développement économique et le tissu associatif sont représentés en force à Laâyoune pour accompagner l’événement et montrer leur engagement pour la ville.