Débat présidentiel européen : les candidats avancent leurs pions

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Les principaux candidats à la présidence de la Commission européenne étaient réunis hier à Maastricht à l’occasion d’un débat inédit diffusé sur euronews. Un face-à-face entre Jean-Claude Juncker du Parti populaire européen (PPE), Martin Schulz du Parti socialiste européen (PSE), Guy Verhofstadt de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et Ska Keller du Parti vert européen (PVE). Il fut question d‘économie, de politique étrangère, mais aussi de la montée du sentiment eurosceptique.

Martin Schulz (PSE) : “Le problème, c’est que les citoyens ont tendance à ne pas prendre au sérieux les élections européennes. Et s’ils ne les prennent pas au sérieux, il y aura plus de représentants de partis d’extrême-droite au Parlement. Pour moi, en tant qu’Allemand, il est inimaginable qu’un parti nazi puisse siéger au prochain Parlement européen et fasse encore la propagande de l’idéologie d’Adolf Hitler.”

Autre sujet, la crise ukrainienne, qui a refroidi les relations entre l’Europe et la Russie. Jean-Claude Juncker (PPE) prône la voie du dialogue : “Ceux qui reprochent à l’Europe d’avoir une réaction trop faible, ils veulent faire la guerre, car c’est l’alternative aux sanctions. En tant que puissance douce, nous devons dialoguer et mettre la pression sur la Russie.’‘

Pour Guy Verhofstadt (ADLE), ‘‘Poutine ne s’arrêtera pas s’il voit une Union européenne faible qui n’est pas capable de lancer – je ne dis pas des sanctions économiques – mais au moins des sanctions personnelles contre l’entourage des proches de Poutine. Les Américains, par exemple, s’attaquent aux oligarques. Nous n’avons le cran de nous attaquer aux oligarques pour le moment.’‘

Pour Ska Keller, du Parti vert européen (PVE), la crise en Ukraine doit conduire à un changement des politiques énergétiques : “Je pense que nous devrions réduire notre dépendance énergétique à l‘égard de la Russie. Et je pense que c’est une honte que le budget de l’Union européenne dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ait été réduit par mes chers collègues ici présents.”

Enfin chaque candidat a été invité à convaincre les électeurs en livrant sa profession de foi.

Jean Claude Juncker : “J’aimerais unifier et réunifier l’Europe. Je suis fermement contre le fait de dessiner de nouvelles lignes de division à travers l’Europe, nous avons suffisamment de lignes de division. Je suis contre cette atmosphère européenne qui consiste à diviser l’Europe entre le nord et le sud, je dois et nous devons réunifier l’Europe.’‘

Martin Schulz : ‘‘Je veux redonner aux Européens de la justice et de l‘équité. Je veux montrer que les institutions européennes sont là pour prendre soin de leurs intérêts individuels, en tant que citoyens ordinaires. Je veux une Europe des citoyens et non une Europe des banques et des spéculateurs.”

Guy Verhofstadt : “Ce dont on a besoin, c’est d’un nouveau leadership en Europe. Un nouveau leadership qui se démarque des vieilles recettes des conservateurs et des socialistes ; les conservateurs qui défendent principalement le statut quo et les socialistes qui pensent qu’avec de nouvelles dettes, ils peuvent sortir de la crise, alors que la dette est à l’origine de la crise.’‘

Ska Keller : ‘‘Nous les verts, nous voulons proposer une Europe qui s’occupe des gens, qui n’est pas seulement une Europe du marché unique, une Europe des affaires, mais une Europe qui se soucie des droits sociaux des populations.’‘

Les candidats à la présidence de la Commission se retrouveront le 15 mai au Parlement européen pour un nouveau débat. Les électeurs, eux, se rendront aux urnes du 22 au 25 mai.

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