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Denis Sassou-Nguesso : UE et Afrique sont "deux forces qui devraient se mettre ensemble pour avancer"

il y a 4 ans330 views

François Chignac, euronews :
“Monsieur le Président bonjour, merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions d’euronews alors que se tient le sommet Union européenne-Afrique. Un sommet qui intervient sept ans après le sommet de Lisbonne. Je vais en introduction me permettre de vous citer : vous avez écrit dans “Géopolitique Africaine” récemment que “l’Europe avait besoin de l’Afrique comme l’Afrique avait besoin de l’Europe” et vous plaidez pour une réadaptation des liens entre l’Afrique et l’Europe à l’aune des nouvelles réalités du XXIe siècle. Quittons Bruxelles et transposons-nous directement sur le terrain africain, un terrain frontalier, un terrain dramatique, un terrain tragique, celui de la République centrafricaine. Est-ce que l’Union Africaine s’est assez investie dans ce dossier ?”

Denis Sassou-Nguesso, Président de la République du Congo :
“En Centrafrique aujourd’hui, l’organisation de l‘État laisse à désirer. C’est un défi politique et institutionnel important…”

euronews :
“L’Europe doit plus s’investir sur le terrain centrafricain, ou pensez-vous que les Africains doivent assurer eux-même leur sécurité ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Aujourd’hui, il y a 6 000 hommes de l’Afrique centrale qui sont en République centrafricaine, avec une prise de position des dirigeants d’Afrique centrale qui a stoppé quand même, à certains moments, des situations qui auraient pu tourner au désastre. Et puis, l’Union Africaine a pris le relai au travers de la MISCA et aussi avec le soutien de l’Union européenne et la prise de position du Conseil de sécurité des Nations Unies.”

euronews :
“Est-ce que ces forces africaines, Monsieur le Président, est-ce que ces forces européennes, est-ce que demain, un mandat de l’ONU, permettront de ne pas aller vers une scission de la République centrafricaine ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Non. C’est, je pense, ce qu’il faut éviter. Parce qu’au moment où l’on parle, l’Europe est à 28, l’Afrique a longtemps été morcelée, nous parlons plus d’intégration, de grands ensembles sous-régionaux en Afrique. Je ne vois pas ce que pourrait donner un nouveau morcellement de petits États qui déjà avaient été coupés en petits morceaux en dépit du bon sens. Je pense qu’avec le soutien des partenaires et le renforcement – je parle de soutien logistique et financier à la MISCA, je parle aussi de soutien financier et technique aussi au gouvernement centrafricain, directement – on doit éviter la partition du pays et aller vers la normalisation de la situation sur l’ensemble du territoire et donc une certaine stabilisation et ouvrir la voie à un dialogue”.

euronews :
“Glissons un petit peu sur le terrain intérieur Monsieur le Président. Vous avez compris ma question, serez-vous présent aux prochaines échéances électorales ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Le débat est ouvert dans le pays, j‘écoute les forces politiques, sociales. Cela ne peut pas être une volonté de puissance, une volonté de rester…”

euronews :
“Donc vous n’avez pas encore pris votre décision ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Pas encore. Je préfère écouter le peuple parce que cela ne peut pas se faire sans le peuple.”

euronews :
“Vous savez que certaines associations ont déposé plainte en France sur le dossier des Biens mal acquis…”

Denis Sassou-Nguesso :
“En réalité, j’avais déjà décidé de ne plus parler de cette question…”

euronews :
“Néanmoins, quelles réponses apportez-vous à ces associations, à ces magistrats qui enquêtent sur ces dossiers ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Ceux qui pensent qu’ils peuvent marcher sur la souveraineté des autres États, des autres peuples… J‘étais déjà arrivé au point où j’observais pour voir jusqu’où ils pouvaient aller avec l’outrance et la provocation.”

euronews :
“Restons sur ce terrain judiciaire. Récemment en Côte d’Ivoire, nous avons assisté à une extradition, la Cour pénale internationale a demandé une extradition. Certains pays africains, notamment certains membres de l’Union Africaine, se sont élevés contre une politique jugée, entre guillemets si vous me le permettez, raciste de la Cour pénale internationale. Pourtant, la procureure générale Fatou Bensouda est Africaine. Je voulais avoir votre sentiment sur cette politique de la Cour pénale internationale.”

Denis Sassou-Nguesso :
“Si l’Afrique observe, qu’alors que se produisent des drames ici et là dans le monde, et la Cour pénale internationale ne fait rien, et que chaque jour, on va trouver dans tel ou tel pays d’Afrique un poisson, quelqu’un à juger, nous trouvons cela inacceptable.”

euronews :
“Le Kenya s’est élevé il y a quelques mois contre cette politique, la jugez-vous outrancière également ou vous trouvez qu’elle est tout à fait légitime ?”

Denis Sassou-Nguesso :
“Des drames et des choses graves se produisent dans le monde, je ne vais pas les citer, tout le monde le sait. Mais la Cour pénale internationale se tait. Personne ne dit rien. Et puis, c’est devenu la mode, une facilité comme cela : tous les deux mois, on apprend que

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