Visions de dirigeants africains au sommet UE-Afrique

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Le quatrième sommet Union Européenne- Afrique à Bruxelles s’est focalisé sur une nouvelle forme de coopération .
L’aide au développement continuera d’exister, mais l’investissement et le commerce devraient avoir un rôle de plus en plus important dans les relations bilatérales. Nous avons rencontré plusieurs dirigeants africains .
Premier d’entre eux, le président du Mozambique Armando Guebuza.

Avec 8% de croissance en 2013, le Mozambique est l’une des dix économies les plus dynamiques dans le monde. Le pays, nouvel eldorado des matières premières, reste néanmoins l’un des plus pauvres au monde. Son président a des attentes précises dans la relation avec l’Europe : “Ce que l’Europe peut et doit faire c’est de continuer à nous soutenir en particulier dans les infrastructures et la formation. Nos industries traditionnelles sont liées à l’agriculture, où la productivité augmente, ce qui est une étape importante.
D’où la nécessité de booster l’industrie agricole et un besoin d’infrastructures pour alimenter ces processus “ .

Pas de développement sans paix ni prospérité. La sécurité a été largement évoquée avec la crise en Centrafrique et le lancement de la mission militaire européenne sur place. D’autres missions civiles et militaires ont été évaluées. La Facilité africaine de paix a reçu une dotation de 750 millions d’euros.
Mohamed Ould Abdel Aziz , président de l’Union africaine : “On ne peut pas parler de dévelopement sans parler de sécurité. Parce que c’est le socle sur lequel doit reposer tout. On ne peut pas investir dans une zone où il y a de l’insécurité. C’est vrai que, spécifiquement dans la region du Sahel, nous avons connu énormement de problèmes d’insécurité – ce n’est pas depuis quelques mois, c’est pratiquement depuis une décennie.”

Contrôles stricts aux frontières, lutte contre le trafic des êtres humains et meilleur soutien sur place pour les réfugiés africains : les deux continents ne veulent plus revivre la tragédie de Lampedusa et la mort de plus de 300 immigrés clandestins.
Denis Sassou Nguesso, président du Congo : “Je suis persuadé que l’Afrique a les moyens de faire travailler sa jeunesse en Afrique – et pas forcément de la voir dans les fonds de la Méditerranée. La Méditerranée qui devrait être un lien de coopération entre l’Europe et l’Afrique, la Méditerranée est devenue un cimetière et ce sont des milliers de jeunes qui vont dans les fonds de la Méditerranée”.

Marquée par la domination coloniale pendant des siècles, l’Afrique a fait des efforts pour renforcer le processus de démocratisation. La fondation de Mo Ibrahim, un milliardaire anglo-soudanais, récompense chaque année la bonne gouvernance en Afrique. Le continent pourra continuer à compter sur le soutien de l’Europe pour renforcer ses institutions démocratiques. “L’Afrique a 30 démocraties qui fonctionnent souligne Mo Ibrahim. Entre 2000 et 2012, il y a eu 120 élections en Afrique et 40 d’entre elles ont donné lieu à un changement de parti au pouvoir. Nous avons besoin de construire des institutions, pas de personnalités, pas un leader charismatique ou un général, des institutions et un État de droit”.

Combattre la corruption et le blanchiment d’argent. Dans la feuille de route des deux parties, un engagement à renforcer le rôle des institutions du secteur public et des mesures pour freiner l’exploitation illégale des ressources naturelles. Une tâche difficile pour le président du Nigéria Goodluck Jonathan : “Ce n’est pas une question d’accepter la corruption. Tout comme les médecins disent qu’il est difficile de trouver quelqu’un totalement en bonne santé, ce qui implique d’accepter un certain niveau de morbidité. Mais personne n’accepterait cela, tout le monde veut être à 100% en bonne santé . Et ce que je dis, c’est qu’il est difficile d‘être à 100% bien”.

Tous les cas jugés devant la Cour pénale internationale visent des personnalités africaines, au grand dam des dirigeants du continent. Certains disent que ce tribunal est biaisé, c’est le cas de Macky Sall, le président sénégalais : “Lorsqu’il y a un acharnement sur les seuls Africains accusés, il y a problème. Cela donne l’impression d’une justicce à deux vitesses. Il n’est pas normal que la CPI ne priviligie que les présidents africains. Je ne ne suis pas au courant d’autres cas, qui releveraient de l’Europe. On ne peux pas nous dire qu’ il n’ y a pas de crimes en Europecentrale, je ne sais pas, même en Europe de l’Ouest, ou ailleurs. Les Etats- Unis ne sont pas membres, la Chine n’est pas membre, la Russie n’est pas membre. Les Africains au moins ont acceptés, une majorite,
d‘être membre de la CPI”.

Les deux continents veulent investir dans le capital humain,le plus précieux à leurs yeux. Et de conclure que l’Afrique et l’Europe, sont deux alliés indispensables.

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