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MALAJUBE - TROMPE-L'OEIL
Sortie le 7 mai
City Slang / Cooperative Music
Généralement quand les non-francophones croisent la route d’un groupe qui lui l’est, d’abord ils s’étonnent: pourquoi diable ne chantent-ils pas anglais comme tout le monde? Puis ils s’amusent, la langue française a quand même donné le jour à "cul-de-sac" et "croque-monsieur" et ça, ça les fait bien marrer.
Pour ce qui est de Malajube, si effectivement tous se sont amusés pendant deux minutes à ce petit jeu, rapidement ils ont pris l’autre direction: la musicale. Car en effet, Malajube ont rempli plus d’une quarantaine de salles Etats-Uniennes, après avoir empoché tout un tas de trophées à la maison.
Les cinq malajubiens (ils étaient quatre avant, et un Renaud les a rejoints en route) jouent un nombre certain d’instruments – du piano au violon, en passant par la flûte traversière, le vibraphone, le xylophone ou le violoncelle – avec plein de gens différents – Pierre Lapointe ou Loco Locass – et plein de textes quant au sort desquels on hésite à trancher – sont-ils profondément crétins ou abstraitement révolutionnaires?
Malajube, c’est comme les diablotins qui sortent d’une boîte sans prévenir, et pfiooooooou la frousse, alors on essaie de les recaser dans leur habitacle, mais pas moyen, il y a toujours un bras ou un coin de chapeau qui empeche de bien fermer. Ils sont un peu agités, ces jeunes garçons, et dès qu’on croit pouvoir les rapprocher du prog, ils courent ventre à terre saisir leurs violons pour quinze secondes à faire chialer, on a les yeux tout embrumés, impossible alors de prévoir que piano aux doigts et flûte aux lèvres, ils ont choisi maintenant de faire comme si on était dans un saloon, et puis hop, c’est Fille à Plumes ou Le Crabe, et on tombe dans des abîmes de mélancolie: on est quand même vachement influençables.
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