Le président Zalim Khan avait obligé Boris Eltsine à s'asseoir en face de lui pour être à égalité

Btoux_1979
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Assassinat :

Le 13 février 2004, une bombe placée sur sa voiture explose à Doha, capitale du Qatar. Il ne meurt pas sur le coup mais à l'hôpital peu de temps après. Son fils de 12 ans Daud est sérieusement blessé.

Les doutes se portent rapidement sur la Russie, qui aurait agi par l'intermédiaire du SVR ou du GRU, qui démentent toute implication. On évoque également un conflit entre les dirigeants séparatistes tchétchènes. Le ministre des affaires étrangères de Maskhadov condamne l'assassinat comme une "attaque terroriste russe", la comparant à celle qui a tué Doudaïev en 1996. Cet assassinat à la voiture piégée amènera le Qatar à adopter la première loi anti-terroriste de ce pays, actes qui seront punis de mort ou d'emprisonnement à vie.

Le 19 février 2004, les autorités qataries arrêtent trois ressortissants russes pour les meurtres. L'un d'eux, le premier secrétaire de l'ambassade russe, Aleksandr Fetisov, est relâché en mars en raison de son statut diplomatique, bien que le quotidien russe Kommersant évoque qu'il aurait en fait été échangé contre des athlètes qataris détenus en Russie.

Les deux autres suspects, Anatoli Iablotchkov (ou Belachkov) et Vassili Pougatchiov (parfois appelé Bogatchiov), sont inculpés du meurtre de Iandarbiev, de tentative de meurtre sur son fils Daoud, et de trafic d'armes. D'après Moscou, ils appartiennent bien au GRU, mais ont été envoyés à Doha pour une mission de renseignements sur le terrorisme. Le ministre de la défense Sergueï Ivanov apporte son soutien aux agents et déclare que leur emprisonnement est illégal.

Le procès a lieu à huis clos après la déclaration des accusés selon laquelle ils auraient été torturés après leur arrestation, alors qu'ils étaient tenus au secret. Les deux Russes parlent de privation de sommeil, de passages à tabac et d'attaques par des chiens. Ils sont défendus par un avocat du cabinet fondé par Nikolaï Iegorov, ami et camarade de Vladimir Poutine à l'université d'État de Saint-Pétersbourg.

La Russie se base sur ces allégations de torture et sur le fait que l'arrestation ait eu lieu sur le territoire de l'ambassade, et donc le sol russe, pour demander la relaxe. Les procureurs qataris concluront que les accusés ont reçu l'ordre de tuer Iandarbïev du ministre de la défense Sergueï Ivanov en personne10. Le 30 juin 2004, ils sont tous les deux condamnés à la prison à vie, les juges considérant qu'ils ont suivi les ordres des autorités russes.

Le verdict provoque des tensions entre la Russie et le Qatar, néanmoins la justice qatarie accepte le 23 décembre 2004 la demande des accusés de purger leur peine en Russie. Ils sont célébrés en héros à leur retour au pays en janvier 2005 mais disparaissent aussitôt après. En février, les autorités pénitentiaires russes admettent qu'ils ne sont plus en prison, ajoutant que la sentence du tribunal qatari n'avait pas de raison d'être en Russie.

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