Procès Simbikangwa : le génocide rwandais devant la justice française

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C’est un procès historique qui s’est ouvert ce mardi à Paris, celui de Pascal Simbikangwa, poursuivi pour complicité de génocide au Rwanda, il y a 20 ans.

Arrêté à Mayotte en 2008, ce Hutu de 54 ans n’a pas été extradé vers Kigali car une loi de 1996 autorise la France à juger les responsables du génocide des Tutsi.

Si longtemps après les faits, seule la mémoire des témoins fait l’accusation. Mais pour les victimes du capitaine paraplégique, mieux vaut tard que jamais.

“Le seul regret que nous avons effectivement c’est que ça intervienne 20 ans après. Mais d’un autre côté ça va être aussi une force puisque finalement 20 ans après nous considérons que ces faits il faut en parler, en reparler, et ne jamais les oublier, combattre leur banalisation,” a commenté Jean Simon, avocat du collectif “Survie”, qui s’est porté partie civile.

Comment expliquer le génocide rwandais ?

En réalité, Hutu et Tutsi ne sont pas des ethnies mais des classes sociales définies par le colonisateur belge, qui a privilégié les éleveurs Tutsi,minoritaires, et rabaissé les cultivateurs, Hutu, majoritaires.

L’indépendance en 1962 renverse les rôles. Contraints à l’exil, les Tutsi mènent des actions de guérilla contre Kigali. Le 6 avril 1994, l’avion du président hutu Habyarimana est abattu. Les Hutu radicaux tiennent leur prétexte.

Attention, les images d’archives utilisées dans notre montage vidéo peuvent choquer. Elles montrent le résultat du “Hutu power”. Son mot d’ordre : exterminer les “cafards”. Les milices “interahamwe”, armées par les forces rwandaises, entraînent la population dans ce “travail collectif”. Les Tutsi sont traqués,violés, torturés, massacrés.

800 000 à un million de personnes sont tuées… En 100 jours seulement. Par son ampleur, sa rapidité et la cruauté des méthodes employées, le génocide rwandais n’a pas d‘équivalent au 20ème siècle. Près de 80% de la population Tutsi a été décimée.

20 ans plus tard, près d’un million de personnes ont été jugées. Les peines, comme les juridictions, sont multiples et variées.

En novembre 1994, l’ONU avait créé le tribunal pénal international pour le Rwanda, basé en Tanzanie. Sur 100 suspects jugés, 65 ont été condamnés pour génocide et crime contre l’humanité, dont le premier ministre rwandais de l‘époque.

Alors que la justice suit son cours, le Rwanda, toujours meurtri, interdit désormais à ses ressortissants de se définir comme Hutu ou Tutsi. Ironie de l’histoire : la présence de forces rwandaises en Centrafrique pour éviter à ce pays le drame de l‘épuration ethnique.

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