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    BESSAN - 2008 - Lettre ouverte aux présidents de la Communauté d'agglomération et du Sictom

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    HERAULT TRIBUNE

    par HERAULT TRIBUNE

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    BESSAN (2008) - Lettre ouverte aux présidents de la Communauté d'agglomération et du Sictom

    L'objectif de traiter et de valoriser les déchets ménagers au plus près du lieu de production est une évidence, notamment par respect du principe de proximité. Les associatifs comme les élus et les citoyens sont convaincus de cette nécessité. Depuis longtemps, vous motivez le recours à la torche à plasma sur les critères économiques et technologiques. Cependant, nous aurions torts d'opposer «le respect de l'environnement» au «respect du contribuable» car les deux sont intimement liés. Les solutions écologiques sont souvent les moins couteuses. Aujourd'hui, le lien écologie-économie s'impose.

    Sur le plan économique, notons que les torches à plasma sont utilisées principalement pour traiter les déchets dangereux, tels que déchets hospitaliers, résidus d'épuration des fumées des incinérateurs des ordures ménagères (R.E.C.I.U.M) comme c'est le cas pour la torche à plasma de Cenon et l'amiante.

    En revanche, ce process est bien moins utilisé pour les déchets ménagers car l'opération s'avère très consommatrice d'énergie.

    Aussi, de deux choses l'une :
    • soit -par but de rentabilité-nous pourrions craindre d'accueillir les déchets d'autres lieux, auquel cas le principe de proximité et le critère économique seraient malmenés
    • soit -toujours par souci de rentabilité- nous pourrions craindre d'accueillir des déchets autres que les déchets ménagers, et cela on ne peut le faire sans le dire.

    En outre, nous craignons que la torche à plasma ruine le tri sélectif.
    Pourquoi trier si tout est détruit selon le même procédé ?
    Or, entre 2005 et 2007, les tonnages de déchets ménagers et assimilés à traiter après recyclage est passé de 56000 à 52 800 tonnes. Cela est un effet concret et positif du tri sélectif qui mérite d'être poursuivi et encouragé. En plus, ce n'est pas seulement le tonnage qui a baissé mais aussi le taux de la taxe de l'enlèvement des ordures ménagères. Voici l'exemple réussi attestant de la pertinence du lien écologie-économie.

    En outre, l'implantation version canadienne de la torche en terre agatho-piscénoise est présentée comme étant un projet «à échelle humaine» de par le volume de déchets. Il s'agirait de 60.000 tonnes au lieu de beaucoup plus dans l'ancienne version (la version américaine)

    Question : Mais, qu'est-ce qui garantit qu'en cours d'exploitation (c'est-à-dire en 20 ans) ce tonnage ne serait pas augmenté, par exemple en faveur d'une extension sur le même site, ou à proximité?
    Si tel était le cas, «la dimension humaine» du projet ne serait plus un argument probant pour justifier la version canadienne du projet par rapport à l'ancienne version américaine.

    Voyant en l'éventualité de l'-Ecopole de la Vallasse un épouvantail de circonstance pour mieux faire entériner l'adoption de la torche à plasma, nous proposons que la comparaison du projet canadien se fasse non pas par rapport à l'Ecopole de la Vallasse mais plutôt en comparaison avec l'ancien projet présenté par la version américaine. Le projet de l'Ecopole de la Vallasse est curieusement tombé dans l'oubli depuis cette nouvelle velléité en faveur de la torche à plasma.
    En effet, le fait d'agiter le spectre de l'Ecopôle de la Vallasse contribue à en faire un référent.
    Or, ce projet ne mérite pas telle promotion puisque l'an passé, la Communauté que vous présidez a voté une motion contre.

    Concernant la torche, peut-on connaitre quelles sont les différences exactes entre les versions américaine et canadienne du projet? Enfin, pourquoi adopter une position de principe sur la version canadienne alors que le rapport d'expertises commandé par l'ADEME n'est pas encore connu? Par avance, nous vous remercions d'expliquer en quoi le projet Plasco Energy (projet canadien) serait différent de celui de Solena group (version américaine).

    Vous pourriez nous demander quelle solution alternative serait applicable. En avons-nous une ?
    Oui. La solution alternative consiste à appliquer le plan départemental d'élimination des déchets. En quatre points essentiels, il s'agit :

    1- réduire la production de déchets à la source (obligation légale),
    2- collecter et traiter les toxiques,
    3- collecter et valoriser les fermentescibles avec ou sans méthanisation mais avec compostage,
    4- recyclage de tous les recyclables,

    Dés lors, l'enfouissement de ce qui est ni recyclable ni compostable est bien moindre.
    Notons que l'usage de la torche à plasma ne supprime pas l'enfouissement de certains résidus.
    La torche à plasma n'et pas un incinérateur classique.
    Mais, c'est un peu le même esprit, car comme pour un incinérateur par valorisation thermique, les déchets ne sont gazéfiés que pour être incinérés. Les déchets solides de la torche à plasma deviennent des matériaux de travaux publics tels les mâchefers d'incinérations.