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    TROIS SOUVENIRS DES ANNÉES SARKOZY

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    Pourquoi, à quelques jours du premier tour des municipales, me suis-je intéressé à la « trace » laissée par cet ex président au sein de ce qu’il est convenu d’appeler « la mémoire collective » ?
    D’abord parce que depuis son échec aux présidentielles de 2012, il ne cessait de « hanter » le paysage politique et médiatique français. Ensuite, parce que le « pari » que représente, sa candidature aux élections présidentielles de 2017 repose, en grande partie, sur le présupposé d’un « capital » de sympathie/nostalgie : « Nicolas Sarkozy a un lien direct avec les Français », martèle encore son entourage…
    C’est pourquoi, après m’être entretenu avec de nombreux « volontaires », j’ai choisi, parmi les plus intéressants, de mettre en scène trois témoignages de simples citoyens qui, bien-sûr, ne « représentent » qu’eux-mêmes.
    Vous verrez qu’à regarder ce web documentaire, il est étrange d’y sentir ce qui, de mon point de vue, synthétise ce que fut Nicolas Sarkozy. Comparé aux autres présidents de la 5ème République, Nicolas Sarkozy fut un président « hors moule », « hors normes ». Bref, un homme politique atypique qui, arrivé au pouvoir, fit de cette qualité son principal défaut.
    Résultat : la réaction/gesticulation (un fait divers/une nouvelle loi), pire, la Réaction au lieu de l’action. La découverte des enregistrements réalisés en 2011 par le sulfureux "conseillé de l'ombre" Patrick Buisson (une sorte de "Raspoutine" de la Sarkozie) laissent supposer l'existence, au sein même du Palais de l'Elysée, d'un "cabinet noir", d'une sorte "d'organisation occulte" (dont Buisson aurait été le "cerveau") qui daterait, d'après le Nouvel Observateur du 5 mars 2014, des années 2005...
    En résumé : en externe, la fracture au lieu de la rupture – en interne, un mode de management manifestement plus proche de celui d’un chef de bande (certains diront "d'un chef de gang") que celui d’un chef d’Etat…
    Plus exactement, ces « souvenirs » sont un rappel sans équivoque de ce que furent, de mon point de vue et, manifestement, du point de vue de millions de nos concitoyens, les « Années Sarkozy » : une période de l’histoire de France d’une toxicité, d’une violence inégalées (dont nous payerons probablement longtemps les conséquences). Une période qu'il cherche, désespérément, à "mythifier", aujourd'hui. Les Français seraient-ils, d'après lui, à ce point amnésiques ?
    Qui peut avoir oublié voire "pardonné" ce que, tant de français, ont dû "subir" ? En effet, ne serait-ce qu’aux niveaux politique et sociale ; pas une semaine sans une déclaration comme celles de Claude Géant, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration au sein du gouvernement Fillon. En mars 2011, celui-ci déclarait déjà que : « Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux ». En janvier 2012, M. Guéant précisera son idéologie (qui semble inspirée des théories développées, en son temps, par le Comte de Gobineau) en appelant à « protéger notre civilisation » (…) « Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas ».
    Nicolas Sarkozy, quant à lui, estimera que la « polémique » provoquée par les propos de son ministre sur les « civilisations » est « ridicule » et que ceux-ci répondent à une logique de « bon sens »…