L'Union européenne est-elle victime de son jargon ?

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Dans les instances de l’UE, on emploie les termes “modalités”, “mise en œuvre” ou encore “trilogue” au risque de dérouter les citoyens. La Commission a pourtant actualisé son manuel sur le jargon et suggéré des expressions plus directes, mais la pratique persiste.
À l’approche des élections, les eurocrates sont-ils en train de perdre la bataille du grand public avec ces termes compliqués ? Et comment peuvent-ils contrer des populistes qui usent d’un certain franc-parler et qui gagnent des électeurs potentiels en employant des mots qu’ils comprennent ?

Parmi nos invités, Diego Marani, romancier et traducteur, auteur du livre “Europanto”, s’interroge par exemple sur l’emploi du néologisme “actorness” qui pourrait signifier “actorité” ou le fait d‘être un acteur sur la scène internationale notamment. S’il fustige une forme de dérive, il souligne : “ce qui est important, c’est que nous n’oublions pas que l’Europe est une invention nouvelle qui génère des notions et des mots nouveaux et on doit en tenir compte,” lance-t-il.

Dennis Abbott, porte-parole de la Commission européenne pour l’Education, la Culture, le Multilinguisme et la Jeunesse, reconnaît que “les institutions de l’Union aiment ce jargon, mais c’est également le cas des gouvernements et des administrations à Paris ou à Londres,” tempère-t-il.

Doris Pack, présidente de la Commission de la Culture du Parlement européen et membre du Parti populaire européen (PPE), estime de son côté qu’elle ne peut pas échapper à cette terminologie, mais,” assure-t-elle, “je ne m’adresserai jamais à mes électeurs en utilisant ce langage, on doit le traduire dans un langage normal.” Elle considère cependant que “la situation est un peu délicate : il y a beaucoup de gens au sein des instances qui pensent qu’ils parlent bien anglais alors que ce n’est pas le cas,” dit-elle, “ils parlent un anglais européen qui n’est pas correct.”

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