Traames, La Couverture Vivante

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MARIA est Argentine, elle a l’âge de la maturité. Maria a quitté son pays natal à la fin des années 70, fuyant la dictature militaire sous laquelle sa soeur disparaît avec près de 30 000 autres opposants. Aujourd’hui, elle s’apprête à transmettre cette part manquante d’elle-même, cette absence, cette injustice, ce génocide dans un autoportrait textile qui va aller rejoindre les milliers d’autres qui composent la Couverture Vivante. La Couverture Vivante est une oeuvre monumentale collective de femmes. Dans cette expérience d’art pauvre car non marchand, actuel et interactif, la création en contexte réel est transmutée sur le web et se propage dans une nouvelle dimension de l’expression collective de milliers de singularités au service d’une volonté de paix et de préservation du vivant. A l’heure où l’humanité se retrouve dans l’obligation de répondre au défi de sa propre survie dans les conditions qu’elle a elle-même crée, la Couverture Vivante peut paraître comme une utopie dérisoire. Comme peut l’être la poésie… C’est méconnaître la force d’une idée en mouvement. Née d’une vision singulière, la Couverture réunit aujourd’hui plus de 1OOO contributions textiles, Elle entre au Sénat, circule dans les lieux de créations et d’exposition, descend dans la rue pour soutenir une cause. Aujourd’hui une quinzaine de pays y participent activement Cette histoire est racontée à travers une voix extraite du journal de bord de l’artiste à l’origine du concept de la Couverture Vivante qui est également la réalisatrice du film. « La Couverture Vivante est née ici, dans cette ville de la côte ouest du Canada où j'étais de passage. C’est l’histoire de notre relation au monde. Comment on essaie de la communiquer aux autres. Par tous les moyens. » La Couverture Vivante rassemble des expressions textiles fortes et fragiles à la fois. Leur fragilité ne vient pas de la nature de leur support mais de leur invisibilité. L’art textile des femmes est un art mineur, méprisé, ignoré. Pourtant cette longue patience des femmes, ces heures passées à tisser la trame, à inscrire la beauté et la peine de vies à coups d’aiguilles, raconte une histoire qui nous concerne tous. Elle est celle de nos rêves, de nos espoirs, de nos souffrances. L’appel généré par la Couverture court sur la grande toile de l’internet. Les fils ténus fragiles, tissent un réseau qui peu à peu apparaît, le fil relient des territoires, parcourt des cultures, des idées. Les carrés de tissus arrivent isolés ou en par paquets dans un petit bureau encombré de tissu, dans un village rural de la Drôme. Ils arrivent porteurs d’un nom, d’une histoire, d’une technique, d’une idée. Parfois ils arrivent anonymes et muets. Assemblés les uns aux autres, ils prennent de plus en plus de place. Certains circulent dans des manifestations, des rencontres des expositions et toujours les carrés arrivent de plus en plus nombreux. C’est à la fois de l’art brut par la multiplicité des images textiles réalisées qui s’affichent joyeusement à l’écran et une forme de démocratie participative en cela qu’elle fait remonter l’expression populaire dans les lieux du pouvoir. Ce n’est pas quelque chose qui se décrète mais qui se fabrique jour après jour.

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