Corruption en Turquie : le gouvernment vacille, Erdogan dénonce un "complot" de la confrérie Gülen

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C’est un coup de filet qui vient ébranler le gouvernement turc.

Après l’interpellation la semaine dernière de 24 personnes dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption, le gouvernement Erdogan se voit amputé de trois de ses ministres et d’un parlementaire en moins de 24 heures.
Les ministres de l’Intérieur, de l’Economie et de l’Environnement comptent chacun un fils mis en cause dans ce scandale financier qui implique notamment la banque publique Hallbank.
L’affaire tourne au bras de fer entre le Premier ministre et la justice.

Au lendemain des premières arrestations , Recep Tayyip Erdogan a qualifié cette opération de sordide, dénonçant des “manipulations politiques”.
Le chef du Parti islamo-conservateur, l’AKP, ajoutera plus tard que l’opération judiciaire est un “complot” visant à affaiblir le pays, et accusera des “forces de l’ombre”.

Dans son viseur, la confrérie de Fethullah Gülen. Ce Turc exilé aux Etats-Unis depuis 1999, est à la tête d’une organisation socio-religieuse très influente dans le monde, avec des ramifications dans la banque, les médias ou l‘éducation.

Conservatrice, libérale et pro-occidentale, la communauté Gülen est selon certains analystes représentée au sein d’institutions turques mais aussi du parti au pouvoir, l’AKP.

Si l’alliance entre les adeptes la confrérie et les partisans d’Erdogan a pu permettre de gagner des batailles électorales jusqu’en 2011, elle s’effrite depuis quelques mois.

Point d’orgue de cette rupture, la décision, en novembre dernier, de fermer les “dershane”, des écoles de soutien scolaire privées, qui constituent une des principales sources de revenus de la confrérie.

La purge opérée par le gouvernement dans la haute hiérarchie policière est symbolique : c’est au sein de la police et de la magistrature que la confrérie de Fetullah Gülen serait la plus influente. Une centaine de haut-gradés ont été limogés depuis les arrestations de la semaine dernière.

Alors que des élections locales sont prévues le 30 mars prochain, les gulénistes pourraient bénéficier du sentiment anti-Erdogan dans l’opinion publique.
Le week end dernier s’est déroulée à Istanbul une manifestation contre la corruption.
En juin, c’est la dérive autoritaire et islamiste du Premier ministre qui avait rassemblé des citoyens turcs dans la rue.

Cette affaire de corruption présumée vient par ailleurs marquer
une contestation inédite dans le propre camp du chef du gouvernement.
Immédiatement après l’annonce de sa démission, Erdogan
Bayraktar, ministre de l’Environnement, a conseillé au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de quitter lui aussi ses fonctions.

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