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    Léo Ferré-Pauvre Rutebeuf

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    Aldebaran333

    par Aldebaran333

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    Léo Férré a rendu hommage tout au long de sa carrière aux poètes qu’il admirait tant : ceux de son époque mais aussi du passé Et il remonte très loin quand il met en musique en 1956 (album « La guinche ») Rutebeuf qui était un poète du 13ème siècle, contribuant alors à le sortir un peu de l'oubli Ce personnage haut en couleurs, acrobate qui a vécu dans la misère a souvent lancé des diatribes contre les grands de son époque et était aussi un « poète personnel » qui a été un des premiers à témoigner de ses conditions de vie misérable, de ses peines Tout cela ne pouvait évidemment qu’interpeller Ferré !
    Ici, il n’a pas hésité à puiser des strophes dans « la complainte Rudebeuf » et « la grieche d’hiver » mais aussi dans le mariage Rudebeuf qu’il a ensuite mélés pour construire cette superbe chanson sur un accompagnement lancinant de piano
    Il y a une anecdote amusante au sujet de cette chanson : un jour, un routier interpelle Ferré pour lui demander quand il interprétera à nouveau « le pauvre bœuf » à la télévision ! Ferré s’est bien gardé de rectifier car il était ravi et fier d’avoir pu contribuer à faire connaître ce poète au plus grand nombre "C’est ça la connaissance… la culture dans le cœur… avant l’université" dira Léo Ferré
    Il est à noter que cette chanson, une des plus célèbres de l’artiste a été maintes fois reprise comme par Joan Baez qui a contribué à la faire connaître outre-atlantique en la traduisant en langue de Shakespeare

    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clair semés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est morte
    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

    Avec le temps qu'arbre défeuille
    Quand il ne reste en branche feuille
    Qui n'aille à terre
    Avec pauvreté qui m'atterre
    Qui de partout me fait la guerre
    Au temps d'hiver
    Ne convient pas que vous raconte
    Comment je me suis mis à honte
    En quelle manière

    Que sont mes amis devenus
    Que j'avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L'amour est morte
    Le mal ne sait pas seul venir
    Tout ce qui m'était à venir
    M'est avenu

    Pauvre sens et pauvre mémoire
    M'a Dieu donné le roi de gloire
    Et pauvre rente
    Et droit au cul quand bise vente
    Le vent me vient le vent m'évente
    L'amour est morte
    Ce sont amis que vent emporte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

    L'espérance de lendemain
    Ce sont mes fêtes