Kathakali, la danse du Kérala

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Nous sommes au Kerala tout au sud de la péninsule indienne.
Au crépuscule les percussions invitent les fidèles au temple.
C’est là qu’est donnée une représentation de Kathakali. Une forme de théâtre dansé dont les origines sont contemporaines au théâtre de Shakespeare.
Les histoires reconstituent des épisodes tirés des épopées hindoues comme le Mahâbhârata, le Rāmāyana.

Shri FACT Padmanabhan, danseur de Kathakali : “Le Kathakali se définit par des mouvements détaillés, des expressions du visage, des percussions, de la musique, des masques peints, des costumes et du maquillage. Ce qui le rend particulier c’est que les acteurs ne parlent jamais et qu’ils utilisent uniquement des gestes et des expressions corporelles”.

Humour, compassion, courage, colère, peur font partie de ce jeu d’expressions.
Une représentation demande des heures de préparation qui incluent la fabrication même du maquillage.

Shri FACT Padmanabhan : “A partir du maquillage, les personnages peuvent être classés en cinq grands thèmes Pacha, Kathi, Thadi, Kari et Minikku. La couleur dominante varie selon le personnage et sa personnalité dans la tradition du Kathakali. Certains s’endorment pendant le maquillage qui peut durer jusqu‘à trois heures. Mais avec de l’expérience, les acteurs apprennent à entrer dans le rôle”.

On se prépare à une spectacle tiré du Ramayana avec Hanuman, le dieu singe et les enfants de Rama, Luv et Kush.

Jusqu‘à présent le Kathakali était un domaine essentiellement masculin mais des femmes ont fait leur entrée dans ce tradition telle Adv Ranjini K. P. : “Mon père était un artiste renommé de kathakali. Je le voyais jouer quand j‘étais jeune et j‘étais attirée par cette forme artistique. J’ai appris toute seule quelques mouvements de danse. Mon père m’a vue et il a commencé à m’enseigner le kathakali comme il l’apprenait aux autres. J’avais 5 ans. Le Kathakali est un monde d’homme. Pour faire sa place et être reconnue il faut travailler plus fort qu’un artiste masculin. Ces performances sont données dans des temples, elles durent toute une nuit. Physiquement il faut suivre un entraînement rigoureux pour pouvoir tenir. Sinon on vous met dehors. Aucune femme n’apprend dans les fameuses institutions du Kérala. Nous apprenons pratiquement toutes seules. On fait ses preuves et après on est reconnu. C’est la vie d’une actrice de kathakali”.

Pour les touristes les spectacles ont été adaptés sur un format d’une heure mais on est loin du rite et du rythme ancestral imprimé par le Kathakali dans ce sud indien.

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