Primaire à Marseille : l’after

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Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations du PS et patron tutélaire des instances locales, comme Jean Pierre Mignard, qui supervisait la Haute autorité de la primaire affichaient dimanche soir leur « grande satisfaction ». « C’est un succès exceptionnel de mobilisation, affirmait Alain Fontanel ». « C’est un scrutin qui s’est déroulé dans la plus grande régularité », renchérit Jean Pierre Mignard pour qui « tous les candidats se sont comportés admirablement ! ».
Et là, on se demande si on parle vraiment du même événement.
Quoi qu’on en dise, la fameux pacte de non agression auquel étaient soumis tous les candidats a bien été respecté…une fois ou deux. On a vu Eugène Caselli et Patrick Mennucci s’accuser mutuellement de « s’arranger avec la vérité », Henri Jibrayel de mettre cause « certains candidats » qui auraient entretenu des liens avec Jean Noel Guérini ( ?), Marie Arlette Carlotti parler de l’organisation quasi para-militaire du scrutin dans les quartiers nord, Samia Ghali reprocher à Patrick Mennucci de s’être toujours arrangé avec ses convictions. Mais à part ça madame la marquise…
Quoi qu’il en dise, le PS va devoir dépasser son autosatisfaction et tirer un vrai bilan des semaines passées. A commencer par cette question : l’organisation des primaires était –elle une vraie bonne idée ? La participation suffit-elle à la légitimer ?
Pas si on tient compte de l’image qu’elle va laisser dans la population marseillaise - désolé pour les autres mais en l’occurrence leur avis n’est que secondaire – qui attendait une véritable rénovation du parti socialiste avec des pratiques claires et une solidarité retrouvée. Pas besoin de refaire tout l’historique des six derniers mois pour démontrer qu’on en est loin.
La soirée électorale, dimanche soir était suffisamment éclairante : « les brigues », comme on dit ici, de Samia Ghali refusant de figurer sur la « photo de famille », ses partisans remontés comme des pendules scandant son nom pendant tout le discours de Patrick Mennucci et son appel au rassemblement, obligeant le nouveau candidat socialiste a jouer les bateleurs de foire pour ne pas faire exploser la soirée, non décidément le rassemblement du PS derrière Patrick Mennucci, c’est pas gagné !
Dimanche soir, Samia Ghali a volontairement entretenu le flou sur l’avenir qu’elle se prépare. Et pas uniquement à cause de la déception qui suit généralement une défaite. Elle, comme son entourage, sont suffisamment avisé en politique pour savoir qu’une autre issue à ce scrutin aurait ruiné les bookmakers. Habilement, elle s’en prend au gouvernement dont la côte de popularité commence à ressembler à une descente du kilomètre lancé, s’autoproclamant du même coup porte-drapeau des déçus de la politique de Hollande. Mais elle prend bien soin de ne pas se mettre à dos le parti et en particulier la direction nationale qu’elle caresse dans le sens du poil. Il est vrai que c’est de là que viendra la décision de renouveler ou pas son siège de sénatrice. Une position qui lui permet de négocier, quoi qu’elle en dise, son avenir.
Les autres composantes de la gauche, s’étaient exaspéré et de la compétition personnelle que se livraient les candidats socialistes, de l’absence de débat de fond et de l’image que cette primaire a livré de la politique, mais aussi de la médiatisation qui lui a été consacré. « J’espère, écrivait lundi dans un communiqué Jean Marc Coppola pour le Front de Gauche, que dans la confrontation des idées qui va enfin pouvoir commencer, le Front de gauche profitera du même intérêt de la part des médias que celui dont ont bénéficié les candidates et les candidats à la primaire, car ni le débat politique ni la gauche ne sauraient se résumer à cela ».
Pour la confrontation des idées au moins, on risque d’attendre encore !
©Infos-Marseille.fr

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