FRANCHE CONNEXION #20 - Anouk chante "Pourquoi regardes-tu la lune?"

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Émission du Vendredi 20 Septembre 2013

Par Denis Verloes.

Anouk Aïata, est un pseudonyme. Le personnage de scène du duo pensant qui préside à la destinée de ce que j'ai envie d'appeler un groupe, plutôt qu'une soliste.

Soit une (jeune et pimpante, bien entendu) trentenaire, Anouk Aïata, toute débordante d'une gentille exubérance qui semble masquer une timidité constitutive ; et de son alter égo de l'ombre, Amos Mâh, musicien- parolier tout en réserve et discrétion.

Anouk Aïata ou la rencontre de ce Yang solaire à la voix un peu pincée, - comme mon imaginaire se plait à représenter les parisiennes chantantes dans la grande tradition musicale de l'hexagone-, et d'un Yin compositeur en retrait, moins à l'aise avec la médiatisation, amoureux du juste mot et de l'arrangement musical impeccable.

On pourrait facilement inscrire Anouk Aïata dans la tradition des chanteuses françaises à texte, à voix. Ce serait oublier la composante « folk » qui s'immisce tout au long de l'album. Je dis folk comme j'aurais dit « scout », tant j'ai l'impression que la femme mangeuse des nuages du ciel est avant tout un album de bien être, qu'on dirait avoir été écrit , joué et "performé" au coin du feu, entre amis, à la fraîche. Ce serait oublier aussi la science de la musicalité dont le duo fait montre au fil des onze titres qui composent un album qui passe de l'anglais au français sans en faire des caisses. Mais Anouk Aïata n'est pas non plus le groupe de beatniks que je te sens soudain imaginer, lecteur, tout ça parce que j'ai parlé de feu de camp et parce que l'imagerie de la demoiselle la montre avec des plumes et des ponchos colorés.

Anouk Aïata est un groupe à l'exact point de rencontre entre la tradition Piaf-ienne, la couleur d'un Madredeus, les facilités folk d'Alela Diane, et la simplicité d'Emily Loizeau. Assurément.

Il se dégage de l'album une certaine classe. Une bonhomie faite marque de fabrique, qui planque une véritable richesse musicale et humaine. Anouk Aïata, développe une atmosphère plutôt qu'une expérience strictement musicale. Les premières écoutes m'ont amené au coin du feu de bois certes, mais les suivantes m'ont appris à décortiquer les jolis sons : le bruit des doigts sur les cordes de la guitare espagnole, les violoncelles, les ukulélés, les bongos, les contrebasses, les percus, l'orgue...

Il en découle une alchimie entre l'ambiance générale du projet et la richesse du son qu'on retrouve notamment dans la session acoustique avec « cette formation ». On est d'abord transporté quelque part à côté d'une roulotte de passage, avant d'être épaté par le jeu des musiciens.

J'espère que vous aussi vous le ressentirez, que les images rendent bien cette double composante.

J'ajoute que j'ai été d'autant plus agréablement surpris de constater que les êtres humains derrière l'album correspondent exactement à l'image que leur musique renvoie d'eux: enthousiasme, jusqu'au boutisme, goût de la belle ouvrage, modestie et simplicité en sont quelques unes des caractéristiques.

Le tout filmé au Bliss dans le quartier des Halles de Paris, dont le personnel a réussi à contribuer à la "couleur" de ce Franche Connexion. Merci aussi à eux.

Et, -message de service-, Amos on te reprend quand tu veux pour finir la partie de baby foot ;-)

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