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    Nuit à Hogsback, sur les terres sud-africaines de Tolkien (lecture de l'extrait du récit de voyage de Jann Halexander)

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    Label Trilogie

    par Label Trilogie

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    Nuit à Hogsback, sur les terres sud-africaines de Tolkien (lecture d'un extrait du récit de voyage de Jann Halexander) - Edité par Trilogie Halexander – site officiel de Nuit à Hogsback, en vente sur priceminister.com, ebay.com, leboncoin.fr, etc...

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    …Partir. Prendre la liberté de partir. D’aller loin. De ne plus être le fils
    de, le frère de, le cousin de, le neveu de, l’ami de, le petit ami de, l’amant de,
    le bouc émissaire de, le chouchou de…liberté extraordinaire procurée par
    l’idée d’un voyage dans un pays lointain où personne ne nous connaît. On se
    sent complice D’Ulysse, de Nicole Viloteau ou…de Bilbo le Hobbit !
    D’ordinaire je n’aime pas beaucoup les aventures, du moins l’idée qu’on s’en
    fait. Comme Bilbo le Hobbit, je pense que les aventures kilométrées nous
    empêchent d’être à l’heure pour dîner. Je parle d’aventure car le voyage que
    j’effectue précisément a tout d’une aventure. Je ne crois pas que tous les
    voyages se ressemblent, je ne crois pas non plus que tous les voyages sont
    des aventures. Partir à Moscou, capitale du plus vaste pays du monde pour
    voir son père qui y travaille, comme je le fis, est un périple marquant, mais je
    savais de quoi notre séjour serait fait. C’était donc un voyage. L’Aventure est
    Imprévue. Le but de mon aventure n’est pas simplement d’arriver à
    Hosgback ni d’en repartir : le but est de vivre quelques jours à Hogsback,
    m’immerger dans une atmosphère particulière, à l’image de mon choix
    saugrenu. Quand on me parle de l’Afrique du Sud, je pense d’emblée aux forêts
    de sapins, de pins, d’eucalyptus, de chênes s’étendant sur des kilomètres
    dans la région du Cap. Je ne pense pas au fameux veld ou à la savane. La
    savane, je ne l’ai pas vue. Le parc Kruger, célèbre pour sa faune, lieu de
    superbes safaris n’occupe qu’une partie limitée, franchement réduite de
    l’immense Afrique du Sud. C’est le nord-est, subtropical. Le veld, ce haut
    plateau évoquant pour les Européens les steppes eurasiennes, occupe la
    majorité du pays. Il est tellement immense, tellement là…que je n’y ai pas
    vraiment fait attention. Il y a le veld, il y a les montagnes. Les montagnes
    sont nombreuses. Dominent, grandes reines de la nature, ce veld. Mais
    curieusement, je retiens surtout les forêts qui pourtant ne constituent que
    deux pour cent du territoire : elles sont là, belles, larges, hautes, et si
    étonnantes pour moi, qui ai vécu seize ans dans un Gabon natal de
    cocotiers, de palmiers, de flamboyants, d’hibiscus, de jungles-cathédrales
    éventrées par les routes nationales. Où la terre est rouge et peu fertile, sauf
    dans les hauteurs, c’est le bienfait de l’altitude –il en est de même pour les
    autres pays situés sur l’Equateur, le Kenya, L’Indonésie…l’Equateur
    justement. Ici elles respirent la sérénité, l’écoulement du temps…et la vieille
    Europe sublimée par Tolkien. Il existe une végétation tempérée originelle,
    d’arbres inconnus ailleurs…Il en reste très peu, la déforestation ayant fait
    des ravages pendant l’épopée ‘coloniale’. C’est justement parce que la nation
    manquait d’arbres que les différents gouvernements mirent en place des
    programmes de reforestation avec une priorité pour le pin, du bon bois qui
    pousse vite, ainsi que l’eucalyptus, notamment dans le Mpumalanga, au sud
    du Gauteng. Il y a l’arbre, il y a la terre. Cette terre dégage la même odeur
    que dans le Maine-et-Loire. La similitude me frappe, me perturbe. Et je
    pense… Comment les gens vivent par ici ? De quoi sont faits leurs
    souvenirs ? Comment voient-ils par exemple tout le reste du
    continent…l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana, le Lesotho sont des
    îles gigantesques sur le continent Afrique. L’Afrique du Namibien n’est pas la
    mienne. Et en même temps, je suis idiot d’écrire ça car le continent est
    immense et mon Afrique gabonaise n’a aucun lien avec l’Afrique malienne ou
    tchadienne. Libreville avait des allures de petit Caracas, avec ses
    supermarchés, ses cinémas, ses vidéoclubs, ses foires, ses salles de
    spectacles, ses voies express…c’est un pays développé…Pas assez, certes,
    mais le socle est là, et pas uniquement dans la capitale. Pourtant j’ai quand
    même le sentiment qu’il y a plus de points communs entre le Gabon, le Mali
    et le Tchad qu’entre ces trois pays et les nations d’Afrique Australe. A cause
    des gens, de la nature, du climat…de la richesse extrême, même quand elle
    est mal répartie. Parce que sur la pointe du continent, c’est l’Occident, ni
    plus ni moins. L’Occident africanisé, mais l’Occident quand même.