Une histoire de censure, épisode 22

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Au cœur de l'été 2012, l'IndispensablE Tristan-Edern VAQUETTE a réalisé un très long (plus de six heures...) entretien vidéo en compagnie de Vincent Cabral autour d'un thème qui lui est (malheureusement) cher : la censure.
Il y parle de "Mort aux Juifs" évidemment, la chanson puis le chapitre de "Je gagne toujours à la fin" et par-delà, plus ou moins en vrac et de façon non exhaustive, de Radio libertaire, de Carbone 14, d’anarchie, d’extrême-droite un peu, de Soral, passage obligé, de Dieudonné naturellement, d’Orelsan pour coller à l’époque, de Costes, nul n’en doutait, de "Hitler = SS" parce que d’évidence cela s’impose et puis, pour finir, de sa brillante carrière, du fait d’être malin ou de son prochain – ? – "Deuxième Massacre", sous titré "Une réhabilitation de l’aigreur".

L'entretien intégral paraît depuis le 1er avril 2013 sous forme de feuilleton à raison d'un épisode tous les lundis. Retrouvez tous les épisodes (déjà parus) sur : http://www.crevez-tous.com/censure

À regarder de préférence en HD.

26 commentaires

@Vérité dignité : D’abord, merci de m’apprendre que je suis kantien : ouf !, je suis classable quelque part pour une fois. Ensuite, plus sérieusement, ta façon d’appréhender la vie telle que posée à travers cette citation, je ne dis pas qu’elle est fausse mais qu’elle est désespérée et désespérante. Et je la refuse, pas parce que je serais bien certain d’avoir raison, mais parce qu’à tout prendre, je lui oppose une autre manière de voir portée par une autre citation, de Balzac de celle-là, à laquelle je m’accroche depuis des années – en y croyant de plus en plus difficilement, je te l’accorde – : "(…) si l’on songe aux attraits que présente une lutte. C’est la vie, elle est préférable avec ses blessures et ses douleurs aux noires ténèbres du dégoût, au poison du mépris, au néant de l’abdication, à cette mort du cœur qui s’appelle l’indifférence." J’ajoute que je n’ai pas besoin du ciel pour espérer une certaine immortalité, c’est le privilège de mon chemin, il me suffit de croire en ma postérité. Et puis, mazette !, ou peste plutôt !, je ne suis pas mort, je n’ai pas encore perdu la bataille des vivants.
Par Tristan-Edern VAQUETTE l'année dernière
Une citation de Jeanne Hersh qui pourrait t'intéresser, Vaquette :

" Le devoir (moral) exige le plus souvent que le bonheur soit sacrifié. Et pourtant, dit Kant, il y a dans notre conscience morale quelque chose qui exige l'accord du devoir et du bonheur. Comme cet accord n'est pas possible dans le monde, nous sommes obligés d'ouvrir une dimension qui transcende le monde phénoménal. C'est ainsi que la raison pratique dévoile le deuxième postulat : celui de l'immortalité de l'âme".
Par verite dignite l'année dernière
@ Jérôme. J’ai beau essayer de me creuser la tête pour tenter de trouver quoi te répondre mais je ne trouve pas. Je suis absolument démuni. Tout ce que tu dis sur l’enseignement est parfaitement exact, je te l’accorde, mais je n’arrive pas à comprendre comment en disant des choses aussi sensées, tu peux faire une analogie aussi aberrante entre mon activité humaine et la tienne – je jure que je dis ça sans hiérarchisation aucune. À t’entendre, Van Gogh serait un piètre artiste parce qu’il n’aurait pas su faire ce travail pédagogique sur le public ?! Voyons ! Tu n’as pas l’air sot, tu devrais bien comprendre que de nous demander de faire le travail pédagogique en question ce serait comme te demander de faire tes cours en rythme sur un phrasé hip-hop en cherchant à provoquer avant tout une émotion à ton élève et tant pis si tu lui enseignes une équation totalement fausse mais qui est si belle à énoncer. Je ne dis pas du tout que les deux sont antithétiques, je ne les oppose pas, vraiment pas, je dis juste que la finalité de mon "métier" et du tien ne sont pas les mêmes, ne doivent pas être les mêmes et pour ce faire, utiliser les mêmes outils de la même façon n’a aucun sens : "notre" but est d’aller le plus sincèrement et de la façon la plus jusqu’au-boutiste vers notre singularité, ça n’aurait aucun sens – plus précisément, ce serait même un grave contresens – de la modifier ne serait-ce qu’à la marge pour s’adapter à tel ou tel (quand cette adaptation à l’élève est parfaitement légitime dans ta partie comme tu l’expliques très bien). C’est aussi simple que ça. Après, qu’effectivement un "travail pédagogique" soit un préalable à la compréhension d’un travail artistique (et du mien en particulier paraît-il), ça peut s’entendre (disons que ça peut se discuter entre personnes non dogmatiques) mais ce ne peut pas et ne doit pas être de notre responsabilité. Demande donc aux critiques, puisque qu’il paraît que c’est leur rôle d’édifier le public, d’assurer ce travail de "passeur" pour mon travail plutôt que de parler de leurs copains et des fils de, oui, là tu seras entendable, mais me demander ça à moi, franchement, ça a un côté surréaliste et presque odieux, comme si en tentant de faire mon "métier" de la façon la plus intègre possible j’avais commis une faute.
Quant à ce que tu racontes sur la liberté et la métaphysique, je suis ENTIÈREMENT d’accord avec toi, je n’ajoute donc rien.
Par Tristan-Edern VAQUETTE l'année dernière
Ah, Prince Vaquette, que vous dire ? Allons à l'essentiel : comment être accessible et donner à voir un monde intérieur personnel, original, en un mot travaillé ?
Vous demandez l'impossible, à savoir que le public soit touché, c'est à dire comprenne d'emblée votre monde intérieur, monde que vous avez mis beaucoup de temps et d'efforts à élaborer.

Déformation professionnelle certainement, mais dans mon parcours de professeur particulier, j'ai observé qu'une compréhension véritable réside dans la construction par l'interlocuteur de son monde intérieur. Pour ce faire il faut partir de son niveau et l'amener progressivement à exprimer en lui-même votre histoire à partir des éléments que nous lui donnons et de ceux qu'il a déjà en lui. En un mot il faut l'amener à penser votre monde avec ses références.

Un bon moyen de faire qu'il ne vous lâche pas la main et d'être en communion émotionnelle avec lui. C'est bête au sens propre, c'est à dire que cela fait appel au mammifère en nous, mais c'est un ressort fondamental et qui demande beaucoup de travail.

Il faut également que la progression ne soit pas trop rapide, sans quoi le spectateur décroche.
Vous savez vous élever vous-même à force de travail, mais pouvez-vous (et voulez-vous) élever vos interlocuteurs pour les amener à comprendre votre monde ? Tout est dans la progression.

Une citation de Sénèque que j'aime bien : "Rien n'est si difficile et ardu que l'esprit humain n'en vienne à bout, et qu'une méditation assidue ne finisse par faire sien.".

Partez des lieux communs, des instincts, des émotions de base que vous partagez avec vos interlocuteurs. Méfiez-vous des évidences qui ne le sont que pour vous. Puis, graduellement élaborez une histoire en leur donnant des clés que vous avez mis du temps à trouver et qui leur en feront gagner pour vous comprendre.

PS : je vous livre une petite réflexion sur la liberté. Si tout ce qui est physique est déterminé. Alors, si je pense avoir une part de liberté (celle de penser des histoires), alors c'est qu'il y a en moi quelque chose de métaphysique. On peut l'appeler, âme, conscience, pensée, monde intérieur. C'est ce qui fait de nous des hommes et non seulement des animaux.

C'est ce qu'à mon avis vous essayez de développer chez votre public et en vous-même. La liberté d'expression y participe, le refus de l'autorité qui empêche la pensée également.

Il n'y a pas de pensée totalement libre, car elle est liée aux contraintes physiques internes du corps et externes du monde sensible, mais il existe des esprits forts qui peuvent et veulent penser malgré, contre ou avec ces contraintes. C'est leur manière d'exister, sans quoi ils ont l'impression que quelque chose en eux ne vit pas : leur pensée, donc ce qui fait leur humanité autant que leur individualité. Je pense que vous en faites partie.

Je ne sais pas si en théorie ce que j'affirme est vrai, mais je le ressens en pratique. Je n'arrive pas à me penser totalement déterminé, et donc, dans la pratique, je crois en quelque chose de métaphysique si je pousse le raisonnement. Et cette part métaphysique en moi veut grandir.
Par icefirek2666 l'année dernière
" le pognon et la chatte c'est un besoin naturel légitime et qui ne relève pas du vice tant qu'il est assouvi dans des proportions modérées"

Ceci, mon cher, n'est pas du catholicisme modéré, mais du l'anticatholicisme primaire !

Si tu cherches un compromis entre le monde et ta spiritualité c'est ton problème mais n'appelles pas ça du catholicisme. Parles plutôt de protestantisme.

Je pense que l'élément essentiel c'est le sens que l'on donne à sa vie. A chacun de le trouver, mais je doute, Marsu, que tu le trouves dans les plaisirs de ce monde, à moins de faire des compromis, bien sûr.
Par verite dignite l'année dernière
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