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    VENTURINI, Serge - Hommage à Paul Celan (deux poèmes).

    Gilles-Claude Thériault

    par Gilles-Claude Thériault

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    Personne

    La pierre roule tout en bas
    sur le ciel bleu éclaté
    Même les mots n'ont pas suffi
    pour la retenir cette nuit
    Ta voix monte et c'est un chant
    tes yeux brûlent une prière
    Derrière barreaux et nuages
    l'étoile brille sans cesser
    De nouveau tombe la neige
    Ce sont des pétales de rose

    Arménie, 2 février 1990.

    D'aurorales clartés : Choix de poèmes réunis par l'auteur, 1971-1995, Éd. Gutenberg XXIe siècle, Paris, 2000.
    Ouvrage dédié à Ossip Mandelstam.

    L'Immémorable larme

    Le monde, — les mondes sont une maison hantée,
    habitée de revenants. — Allant et venant,
    au grand soleil des nuits passant. — Yeux anthracite.

    — Dans les libres draps noirs flottant
    et au vent claquant. — Obscurcis.
    Il y a tant, — tant de souffrances humaines.

    Rarissimes sont les joies. — Fugaces sont les plaisirs.
    — Une chape de deuil s’est abattue.
    Une sirène d’urgence s’est déclenchée. — Retentit.

    Malgré les rires qui résonnent. — Haut.
    — Envoûtés. — Spectraux. — Envoûtants.
    Or les éclats font reculer la mort. —

    Éblouissements. — Tout à contre-sépulcre.
    Faire advenir le fleuve, la vie. — Éclairs —
    Et puis encore, — quelques fulgurations.

    Éclats d'une poétique de l'approche de l'inconnaissable,
    Livre VI (2010 – 2013), coll. « Poètes des cinq continents »,
    Éd. L’Harmattan, Paris, mars 2013, page 122.
    Ouvrage dédié à Laurent Terzieff.
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40123

    Illustration : La tombe de l’écrivain Paul Celan (1920-1970),
    au cimetière parisien de Thiais.
    Photos : Martin Ottmann (18 août 2008).
    Sous licence CC BY-SA 3.0
    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Grave-Paul-Celan.jpg

    Paul Celan se jette dans la Seine
    dans la nuit du 19 au 20 avril 1970.
    On ne retrouvera son corps que le 1er mai.

    Une invitation à écouter à sa mémoire
    ‘Le Pont Mirabeau’ d’Apollinaire,
    dit en contrepoint sur ‘les murmures de la Seine’ de Chopin.
    http://www.youtube.com/watch?v=AYrhBVtuIzI

    Également dit par l’auteur et aussi par Jacques Duby.
    http://wheatoncollege.edu/vive-voix/poemes/le-pont-mirabeau/