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    George Brassens-Le vieux Léon

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    Aldebaran333

    par Aldebaran333

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    Un autre de ces portraits attachants comme savait si bien les faire Brassens est celui du "vieux Léon" (album "le pornographe" 1958)
    Mais laissons la parole à Brassens : « C’est l’histoire du type qui jouait de l’accordéon dans la rue de Vanves dans le quatorzième et dont nous autres,nous nous foutions un petit peu, quoi, parce que nous n’aimions pas ou nous croyions ne pas aimer l’accordéon. Et puis , il est mort, on s’est apperçu qu’on aimait l’accordéon et qu’on l’aimait . C’est une déclaration d’amour le vieux léon malheureusement qui arrive trop tard puisque celui à qui elle s’adresse ne peut pas l’entendre (Interview Europe 1 en 1974)
    C’est sans doute une des chansons les plus touchantes de Brassens sur une de ses plus belles compositions en forme de valse

    Y a tout à l'heure
    Quinze ans d'malheur
    Mon vieux Léon
    Que tu es parti
    Au paradis
    D'l'accordéon
    Parti bon train
    Voir si l'bastrin-
    gue et la java
    Avaient gardé
    Droit de cité
    Chez Jéhovah
    Quinze ans bientôt
    Qu'musique au dos
    Tu t'en allais
    Mener le bal
    A l'amicale
    Des feux follets
    En cet asile
    Par saint' Cécile
    Pardonne-nous
    De n'avoir pas
    Su faire cas
    De ton biniou

    C'est une erreur
    Mais les joueurs
    D'accordéon
    Au grand jamais
    On ne les met
    Au Panthéon
    Mon vieux, tu as dû
    T'contener du
    Champ de navets
    Sans grandes pom-
    pes et sans pompons
    Et sans ave
    Mais les copains
    Suivaient l'sapin
    Le coeur serré
    En rigolant
    Pour fair' semblant
    De n'pas pleurer
    Et dans nos coeurs
    Pauvre joueur
    D'accordéon
    Il fait ma foi
    Beaucoup moins froid
    Qu'au Panthéon

    Depuis mon vieux
    Qu'au fond des cieux
    Tu as fait ton trou
    Il a coulé
    De l'eau sous les
    Ponts de chez nous
    Les bons enfants
    D'la rue de Van-
    ves à la Gaîté
    L'un comme l'au-
    tre au gré des flots
    Fur'nt emportés
    Mais aucun d'eux
    N'a fait fi de
    Son temps jadis
    Tous sont restés
    Du parti des
    Myosotis
    Tous ces pierrots
    Ont le coeur gros
    Mon vieux Léon
    En entendant
    Le moindre chant
    D'accordéon

    Quel temps fait-il
    Chez les gentils
    De l'au-delà
    Les musiciens
    Ont-ils enfin
    Trouvé le la
    Et le p'tit bleu
    Est-c'que ça n'le
    Rend pas meilleur
    D'être servi
    Au sein des vi-
    gnes du Seigneur
    Si d'temps en temps
    Un'dam' d'antan
    S'laisse embrasser
    Sûr'ment papa
    Que tu regrett's pas
    D'être passé
    Et si l'bon Dieu
    Aim' tant soit peu
    L'accordéon
    Au firmament
    Tu t'plais sûr'ment
    Mon vieux Léon