Advertising Console

    Laurent Michel : Quelle place est donnée à la Réduction des Risques en prison ?

    Reposter
    126 vues
    Laurent Michel, ancien responsable du SMPR de la maison d’arrêt de Bois d’Arcy, auteur des recommandations de traitements de substitution en milieu carcéral et de l’enquête PRI2DE

    Le 27 juin 2013 l'AFR a organisé une Journée Politique intitulée "Acteurs de RdR : Militants ou Prestataires ?".

    http://www.a-f-r.org

    Le fameux « modèle français » semble avoir du plomb dans l’aile. En fait de modèle, il est vrai que notre pays a fait des avancées considérables en RdR avec un accès assez unique, dans ses modalités et son échelle, aux traitements de substitution aux opiacés. Mais d’une part la palette des interventions de RdR ne s’est pas développée de la même façon partout ; d’autre part, la question politique des drogues, qui est aussi à l’origine de la mobilisation sociale au début des années quatre-vingt-dix, s’est progressivement diluée dans une certaine forme de technicisation des interventions de RdR. Aujourd’hui, dans nos programmes de proximité, nous ne faisons finalement que tenter de repousser au quotidien les limites du politiquement, pénalement et socialement acceptable en matière de services médicosociaux proposés aux usagers, sans agir sur les raisons fondamentales qui ont conduit à leur situation sanitaire et sociale actuelle, à savoir les lois et les normes qui les excluent et les répriment. De ce point de vue, les salles de consommation à moindre risque en tant que service complémentaire de la palette des services existant en RdR sont un bon exemple de ce travail aux marges qui ne modifie pas fondamentalement la nature des frontières. C’est donc aussi la politique des drogues qu’il faut aborder de front, et en particulier considérer la RdR comme un outil au service d’une réforme de cette politique. Ce chantier ne pourra pas être mené sans une mobilisation de l’opinion publique. Et contrairement à des idées reçues, cette opinion n’est peut-être pas si éloignée que cela d’une approche ouverte.