Geneviève Fioraso : "[Recherche universitaire] On a un problème de rapprochement entre le privé et le public"

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L'invité politique
Le 11 juin 2013 à 8h15 sur Public Sénat et Radio Classique,
Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Invitée de Gilles Leclerc et Guillaume Durand

Extraits

A propos de la recherche en France :
« On a une recherche d’excellente facture, d’excellent niveau. (…) Nous sommes sixièmes en matière de publication scientifique et de niveau scientifique, donc on a une très bonne qualité scientifique de nos chercheurs. Là où on est moins bon, (…) c’est sur la transformation de l’invention de l’innovation. Nous sommes [dans ce domaine] entre le 18e et le 22e rang mondial. C’est ce qu’on appelle la « vallée de la mort », ce qui sépare l’invention de l’innovation. Tout l’effort porté par la loi outre la réussite étudiante, (…) porte sur la façon de remplir cette vallée de la mort et faire en sorte qu’elle n’existe plus. Comment organiser le transfert ? Ce ne sont pas seulement des mesures fiscales. (…) On fait en sorte que le privé investisse davantage dans la recherche. (…) On a un problème de rapprochement entre le privé et le public. C’est pour ça qu’on va ouvrir de plus en plus les universités vers l’entreprise, vers leur écosystème, donner des cours d'entrepreneuriat à l’université, faire en sorte de valoriser la recherche technologique. (…) On consacre globalement (…) 33% du budget des 50 milliards d’euros qu’on investit chaque année à la recherche fondamentale, et seulement 10% à la recherche technologique. (…) Il faut apprendre à aimer notre industrie, et il faut que nos entreprises réinvestissent dans la recherche. »

A propos de l’université en France (1/3 des futurs bacheliers veulent intégrer l’université) :
« Ce n’est pas assez. (…) Ils utilisent des stratégies de détournement des deux premières années à l’université. (…) Il faut d’abord bien réorienter les bacs pro et les bacs techno vers les STS, vers les IUT pour lesquels ils sont formés. Ensuite, [il faut] convaincre les bacs généraux d’aller à l’université. (…) La qualité de la formation est excellente à l’université, simplement, elle souffre une image de méconnaissance. (…) Avec Vincent Peillon, on veut mettre en place une information en amont. (…) On fait une spécialisation progressive de la licence de façon à ce que les étudiants puissent se réorienter sans redoubler. Aujourd’hui ils sont seulement 34% à réussir leur licence en 3 ans. (…) On crée 1000 postes par an pendant 5 ans pour mieux encadrer le parcours des élèves. »

A propos du BAC :
« Il faut réfléchir au BAC. (…) Ce que nous souhaitons, c’est qu’il y ait davantage un continuum entre le lycée et l’enseignement supérieur, que davantage de jeunes poursuivent des études supérieures. »

A propos de l’hommage à Pierre Mauroy :
« Quand j’ai démarré en politique, je faisais partie du courant Mauroy. (…) C’était un tribun qui savait toucher les fibres des militants socialistes, et en même temps, sur le plan économique, il a été très pragmatique assez rapidement. »

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