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    Michel Barnier : "c’est tellement facile de dire « la faute à Bruxelles » quand il s’agit des retraites (...) Ce n’est pas Bruxelles qui est responsable de tout ça, ce sont nos propres décisions depuis 30 ans"

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    Public Sénat

    par Public Sénat

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    L'invité politique.
    Le 10 juin 2013 à 8h15 sur Public Sénat et Radio Classique.
    Michel Barnier, Commissaire européen au Marché Intérieur et aux Services.
    Invité de Gilles Leclerc et Guillaume Durand.

    Extraits

    A propos des retraites :
    « Nous avons identifié les différentes solutions utilisables : l’allongement de la durée de la cotisation, un meilleur équilibre entre le public et le privé, la question des régimes spéciaux. (…) Mais c’est la responsabilité de la France, du gouvernement, du dialogue social en France, du Parlement français [de faire ces réformes]. (…) Je pense que le gouvernement doit maintenant avoir du courage pour faire des réformes profondes et difficiles. Si ce gouvernement a le courage de réformer ce pays parce qu’il en a besoin pour lui-même, il faudra que l’opposition ait le courage de le soutenir. »

    A propos du raidissement d’une partie de la gauche à l’égard des recommandations faites par la Commission européenne :
    « On voit bien (…) des critiques ou des inquiétudes qui s’expriment. Evidemment, c’est tellement facile de dire « la faute à Bruxelles » quand il s’agit des retraites, des déficits budgétaires, de l’endettement de la France. Ce n’est pas Bruxelles qui est responsable de tout ça, ce sont nos propres décisions depuis 30 ans. (…) Je n’ai pas entendu le Président de la République (…) rejeter les recommandations, il connaît le traité qu’il a d’ailleurs approuvé. (…) Les réformes qu’il faut faire, vous les trouvez dans la recommandation de la Commission, nous avons fait notre travail, mais vous les trouvez dans le rapport de la Cour des Comptes, dans le rapport de Louis Gallois. »

    A propos de la régulation financière en Europe :
    « Aucun marché, aucun produit, aucun secteur, aucun acteur financier ne doit échapper à une régulation publique. J’ai présenté 28 lois de régulation financière. (…) Nous tirons les leçons de la crise financière. (…) Toutes les lois sont maintenant sur la table des députés européens et des ministres des Finances, nous attendons qu’ils les votent. »

    A propos du Front national :
    « Le Front national n’est plus marginal depuis longtemps. (…) Cette idée insensée de vouloir sortir la France de l’euro et de l’Europe doit être combattue. »

    A propos de la politique industrielle à bâtir en Europe :
    « Avons-nous oui ou non la volonté de préserver notre souveraineté européenne sur les technologies ? Si oui, il faut investir. La bonne protection, ce n’est pas le protectionnisme, la bonne protection, c’est l’investissement dans la recherche et l’innovation, et l’investissement collectif des Européens. »

    A propos de la Turquie :
    « Le dialogue avec la Turquie est engagé, les négociations pour une éventuelle adhésion ont été ouvertes en 2007. (…) Ce n’est pas l’Europe qui rentre en Turquie, c’est la Turquie qui voudrait entrer en Europe en en respectant le cahier des charges et dans ce cahier des charges, il y a des questions économiques (l’ouverture des marchés) et démocratiques : aucun pays ne peut rentrer en Europe si la liberté de religion, la liberté d’expression, la liberté de réunion, les droits de l’Homme ne sont pas scrupuleusement respectés. »