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    Amazonie : les indiens Satéré Mawé et le commerce equitable du guarana

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    Paris, début avril 2008. Claudie Ravel, fondatrice et directrice générale de la société Guayapi Tropical, supervise les dernières corrections d’un livre intitulé Le guarana, trésor des Indiens Satéré Mawé qui doit paraître trois semaines plus tard. En quelque cent soixante pages, les jeunes auteurs, en fait des étudiants qui ont travaillé avec sa société, reviennent sur « les mythes fondateurs, la biodiversité et le commerce équitable » tels que vécus par les Indiens Satéré Mawé, une nation dont les terres sont situées en Amazonas, non loin des villes de Maués, à l’ouest, et de Parintins au nord. Quatre-vingt-sept communautés réparties dans une aire indigène protégée de quelque 780 000 hectares, pour une population totale qui n’excède guère les 10 000 âmes.

    C’est sur ce territoire « sacré » que se trouve le sanctuaire historique du guarana, une liane sauvage, que les Satéré Mawé ont domestiquée pour en faire une plante, cultivée depuis des siècles. Seulement voilà, les vertus « énergisantes » du guarana affolent désormais les discothèques de toute la planète. Pour le coup, les grosses sociétés, à commencer par AMBAV et Pepsi, se sont positionnées sur ce marché, s’installant à proximité, transplantant des pieds pour produire industriellement, non sans éveiller chez certains des soupçons de manipulations « génétiques ».

    Au risque de dévaloriser ce savoir-faire ancestral… mais aussi de déstabiliser l’expérience menée depuis le début des années 1990 par la société Guyapi, en partenariat avec les Satéré Mawé. « Ils venaient de gagner un procès contre la société Elf qui, en 1981, avait prospecté en violant leur territoire. Les Satéré Mawé ont reçu 500 000 francs [76 200 euros] de dédommagement. Grâce à cette expérience, l’idée de développer leur propre économie autogérée, sans aucun recours aux subventions, a pu commencer à faire son chemin », souligne Claudie Ravel qui, à la même époque, commence tout juste à vouloir développer une filière de commerce « équitable » autour du guarana. D’autant qu’un nouveau chef, Obadias (...)

    Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/10/DENIS/16343