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    REGINE OLSEN (7/14)

    Editions Romaines

    par Editions Romaines

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    Le « syndrome de Kierkegaard » pourrait être défini comme l’incapacité de l’homme à concilier l’amour de la femme et l’amour de Dieu. Concrètement, cette incapacité se traduit chez l’écrivain par le refus de toute vie amoureuse, pourtant à portée de mains, en faveur d’une vie ascétique entièrement consacrée à l’écriture et à la réflexion philosophique. Ainsi le philosophe, bien qu’objet de convoitise féminin, écarte toute relation charnelle au profit d’une idéalisation de l’Amour, lui permettant une élévation spirituelle vers Dieu. En découle une tension permanente, trouvant son exutoire dans une hypergraphie non dissimulée. Et, tout comme Stendhal a été le porteur emblématique du syndrome auquel il a légué son nom, Søren Kierkegaard (1813-1855) fut très certainement le symbole moderne de l’abandon douloureux et non sans regrets du temporel au profit d’un idéal spirituel
    .
    Jean-Luc Berlet retrace ainsi dans cet ouvrage le parcours pour le moins singulier de ce penseur danois de confession chrétienne, à travers les fruits de la grande fécondité littéraire dont ce dernier fit preuve suite à la rupture de ses fiançailles avec Régine Olsen. L’auteur brosse ici un tableau complet de l’énigmatique personnalité de Kierkegaard, n’oubliant aucune des inspirations qui ont nourri sa réflexion : du Don Giovanni de Mozart à Socrate en passant par Abraham, traversant ainsi les grandes thématiques de l’Amour chères au philosophe et qui forment les stades esthétique, éthique et religieux de l’existence.

    A la veille du bicentenaire de la naissance de Kierkegaard, il n’est pas inintéressant de se replonger dans l’œuvre magistrale de ce philosophe, considéré par beaucoup comme le père de l’existentialisme, à une époque où le temporel semble avoir définitivement supplanté le spirituel.