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    565

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    BWV 565
    Eglise Saint-Pierre-des-Liens Bulle (FR) NARINÉ SIMONIAN IN GRUYERE SWITZERLAND Иоганн Себастьян Бах Токката ре минор La célébrissime "Toccata et Fugue en Ré mineur bach busoni http://goo.gl/cIuUEh Toccata and Fugue in D minor bwv 56 Toccata and Fugue in D minor bwv 565
    Youth work of great virtuosity.»
    « The "Toccata", between the majestic "plenum" for adagio and "Rückpositiv" for prestissimo, clearly proves that Bach was inspired by the style of Northern Germany, or more exactly the "stylus fantasticus", close to improvisation.»
    « The Fugue is obviously a transcription for manuals of a violin solo work, since its theme is violonistic, given the effect of passages : specific echoes for violon and rather exceptional pedal solo.»

    « The Toccata style is repeated at the end of the Fugue, with numerous movement changes : recitativo, adagio, presto, stating the improvised origins of this composition.»
    http://christophe.chazot.pagesperso-orange.fr/bwv_565.htm
    On ne présente plus la Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565, de notoriété mondiale. Pour autant, le rôle des grandes pièces d'orgue dans l'office luthérien est largement méconnu : on les classe volontiers dans les « pièces libres pour orgue », comme si elles ne faisaient référence à rien. À l'inverse, certains les considèrent comme des poèmes symphoniques avant l'heure : Pirro n'a t' il pas écrit que la Toccata et Fugue BWV 565 décrivait un orage, suivi d'une éclaircie ?

    Rendons à Pierre Vidal d'avoir redressé cette distorsion et d'avoir magistralement démontré que cette pièce, comme ses consœurs « libres pour orgue », est la transcription d'un texte biblique. La fin de la présente page est entièrement redevable à ses travaux (dont les références sont données dans la bibliographie).

    L'idée que les grandes œuvres d'orgue de Bach soient des paraphrases des Saintes Écritures peut surprendre : cette pratique s'inscrit pourtant dans la droite continuation des pièces de Buxtehude, Böhm, Bruhns, Hanff, Lübeck, et de tous les représentants du Stylus Phantasticus d'Allemagne du Nord.

    Une génèse obscure

    On ne sait pas à quelle époque cette Toccata et Fugue fut composée, mais il est à peu près certain qu'elle vit le jour à Weimar ou même avant : cette pièce maîtresse est une œuvre de jeunesse, remontant aux années antérieures à 1717. L'original de la partition est malheureusement perdu depuis longtemps : la plus ancienne copie connue a appartenu à l'organiste Johann Rinck (1770 - 1846).

    Contrairement à beaucoup de grandes pièces d'orgue de Bach, savantes architectures patiemment élaborées, développées et conclues, BWV 565 adopte un style très direct, proche de celui de Buxtehude par plusieurs points : introduction particulièrement percutante, nombreux passages en solo, transitions non préparées et souvent brutales, frictions internes, brièveté des différentes sections (la fugue centrale mise à part).
    Ces particularités, la présence de nombreux soli et l'âge du compositeur au moment où il a écrit cette pièce ont amené plusieurs musicologues à dire que cette Toccata était une transcription pour clavier d'une œuvre pour violon. Notons toutefois que d'autres Toccatas ou Préludes de Bach présentent des caractères analogues (le BWV 564 par exemple), et que toutes lesdites particularités ne sont jamais que des reprises au clavier des techniques d'illustration omniprésentes dans les œuvres vocales – la difficulté étant que le texte mis en musique est absent de la partition, dans une pièce d'orgue.

    La rhétorique et la symbolique comme moyens d'analyse

    L'impressionnant travail de Pierre Vidal a consisté à faire l'inverse de l'analyse habituelle : au lieu de partir du texte et de voir en quoi les formules musicales s'y accordent, il a identifié dans la partition les différentes « figures musicales » (changements de rythme, altérations, cadences, dynamiques, etc.), puis il a mis en correspondance les émotions, les idées, etc. que Bach traduit habituellement par ces figures et en a déduit un plan du discours. Enfin, partant de l'hypothèse (difficile à remettre en cause) que les pièces d'orgue étaient destinées à être jouées dans une église, il a cherché les textes bibliques qui suivaient l'enchaînement rhétorique ainsi reconstitué. Dans le cas qui nous intéresse ici, l'impérieuse apostrophe sur laquelle s'ouvre la Toccata est manifestement une invocation de Dieu : elle compte trois notes, répétées trois fois. Le texte devait donc nécessairement commencer par un appel à l'Éternel. Cette triple apostrophe est suivi de glissades parallèles à l'octave : invitation pressante à descendre, figure très fréquente chez Bach.suite chez christophe chazot
    http://christophe.chazot.pagesperso-orange.fr/bwv_565.htm