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LA NOUVELLE QUESTION ALLEMANDE.
Chers amis,Vous trouverez ici transcription du débat « sur la nouvelle question allemande : La tentation impériale » qui a eu lieu entre Jacques Nikonoff et moi-même le dimanche 29 Octobre 2011 à Sommières (30), à l'occasion de l’université d’automne 2011 du M’PE. L’histoire permet de faire le point sur les réalités de la présumée « union européenne » et du « modèle allemand », à nouveau prescrit par ceux qui nous dirigent, comme dans la crise précédente.Je tiens à adresser mes remerciements à l’ami qui a tenu la caméra et mes excuses aux auditeurs de Sommières pour n’avoir pas pu rester jusqu'au bout de la session, mais les discussions ne manqueront pas sur la question dans la période à venir.Amitiés à tous,Annie Lacroix-Riz
La stratégie de la défaite.
La défaite de la France, affirma Marc Bloch en avril 1944, a été longuement préparée par cinq groupes dirigeants : « militaires, politiciens comme Laval, journalistes comme Brinon, hommes d’affaires comme ceux du Creusot, hommes de main comme les agitateurs du 6 février [1934] ». Le grand historien était-il un adepte de la « théorie du complot » ? Ou est-ce bien un complot de ces cinq groupes, soigneusement préparé, qui a abattu la république en organisant la débâcle ? « Le jour viendra, et peut-être bientôt », avait aussi annoncé Marc Bloch, « où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés ». Pourquoi les citoyens français ne savent-ils dans leur ensemble toujours rien de ces vieilles « intrigues » ? Les archives, désormais largement ouvertes, permettent de faire le point, tant sur la « stratégie de la Défaite » des classes dirigeantes dans la crise systémique du capitalisme des années 1930, que sur le silence qui l’a ensevelie après la Libération.
De Munich à Vichy
La Collaboration, avons-nous tous appris, est la conséquence de la terrible défaite de 1940. Mais si la défaite avait été elle-même le résultat d'une «collaboration» déjà fort bien anticipée entre une fraction de l'appareil d'État et des milieux d'influences français, et un déjà quasi-occupant nazi ? La question est taboue. De plus, comment imaginer que, tel le joueur de flûte d'Hamelin, les ennemis acharnés de la démocratie fusionnés avec les stipendiés de Berlin et de Rome aient pu si efficacement, et dans les normes du secret, faire d'une part suffisante du haut personnel de la Troisième République les complices de sa destruction ? Comment? Il fallait d'abord rouvrir le dossier, bien scellé par ce qui nous restait d'illusions, et revenir aux archives. Le constat est accablant. Annie Lacroix-Riz a réuni les mille pièces à charge d'une incontestable entreprise de subversion de l'État républicain. Il fallait ensuite reconstituer ces cheminements de corruption et de connivence qui ont fini par placer le centre de gravité de la trahison au cœur même de l'État. S'il est un mythe intenable, c'est celui d'un complot aux franges, de l'autre côté d'une ligne Maginot de sécurité républicaine qui aurait tenu jusqu'à l'invasion: en réalité, toute une chaîne de complicités, de l'extrême-droite aux rassurants radicaux, en passant par l'Etat-major, a voulu la mort du régime. À n'importe quel prix. Certaines n'ont peut-être pas complètement disparu: ce vieux malaise d'une part de nos élites avec le double fait national et démocratique... Annie Lacroix-Riz, ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée d'histoire, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 7. www.historiographie.info
Europe : mythe et réalités
L’UNION EUROPÉENNE : MYTHE ET RÉALITÉS, CONFÉRENCE DU 13 JUIN 2008. Le veto enregistré dans presque tous les (rares) pays où un référendum sur le cadre politique de l’Union européenne a été organisé atteste la prise de conscience populaire de ses réalités. Le jugement objectif a tardé, tant les promesses d’Eldorado ont accompagné, après la Deuxième Guerre mondiale en Europe occidentale, après la chute de l’URSS en Europe orientale, les grandes étapes de ce vaste plan d’unification des salaires au niveau le plus bas possible. Depuis que le paradis européen est apparu pour ce qu’il était – une impitoyable course au « dumping social » –, un nouveau thème (électoral) a surgi : la liberté illimitée du capital, baptisée « concurrence non faussée », serait la « dérive » malheureuse, récente et inattendue d’une Europe initialement « sociale ». L’exposé historique qui suit révèle une « Union européenne » fidèle, tout au long de sa vieille histoire, à son objectif primitif d’écrasement des salaires et de maximisation des profits. Définis peu après la Première Guerre mondiale, ses plans commencèrent à être mis en œuvre pendant la première phase de la collaboration économique franco-allemande, entre 1924 et la crise des années trente. Leur application prit tout son développement, d'abord sous tutelle strictement allemande, pendant l'Occupation, puis dans la sphère d'influence américaine, celle de l’après-1945 progressivement élargie, depuis la liquidation de l’URSS, à presque tout le continent – le champ de notre « Union européenne » d’aujourd'hui.
Le mythe de la bonne guerre
La Deuxième Guerre Mondiale, une croisade américaine pour la défense de la liberté et de la démocratie ? Les vainqueurs écrivant l'histoire, c'est cette version qui est enseignée depuis 1945 des deux côtés de l'Atlantique. Alors que l'on se prépare à célébrer le 60ème anniversaire de la capitulation, Jacques Pauwels, preuves à l'appui, dévoile le mythe de la «libération». Aux Etats-Unis, Hitler a très longtemps été considéré comme un excellent partenaire en affaires mais dans une guerre qui ne se déroule pas comme prévu, les alliances finissent alors par se former contre les «mauvais ennemis», avec les «mauvais alliés»... Le débarquement de Normandie qui ne survient que très tard, le 6 juin 1944, fera malgré tout de ce second conflit mondial une formidable aubaine financière pour les Etats-Unis. En libérant une partie de l'Europe des fascistes pour la «dominer» économiquement, toutes les conditions sont également réunies dès 1945 pour entamer une très longue Guerre froide... DVD disponible sur : www.historiographie.info
Le choix de la défaite.
Quelles sont les causes de la défaite française de 1940 ? Comment comprendre l’engagement des banquiers et industriels dans la " collaboration économique " avec les Allemands entre la défaite et la libération de Paris sans s’interroger sur la phase précédente ? Les classes dirigeantes françaises ont-elles planifié dans la décennie 1930, comme leurs homologues belges guidées par la Banque nationale de Belgique, l’occupation prochaine de leur pays par l’Allemagne de Hitler ? À la lumière d’archives françaises et étrangères, pour la plupart jamais encore dépouillées, Annie Lacroix-Riz revient sur les origines de Vichy. Un essai très engagé, qui bouleverse notre connaissance de cette période de l’histoire de France et au-delà, des relations internationales. Cet ouvrage défend la thèse que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir et que la transformation des institutions, rendue nécessaire par la crise, passait par la défaite française. L’ouvrage montre ainsi, dans une approche nouvelle, que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions menées de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin. Surtout, il met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30. DVD original disponible sur : www.historiographie.info