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Salut à toi MOKHTAR La dignité ouvrière en héritage
Arrivé en France en 1969, Mohamed Bachiri dit Mokhtar, est une figureimportante des luttes ouvrières, de l’immigration, des comitésPalestine et du Mouvement des travailleurs arabes à l’agit’prop’politico-culturelle avec le théâtre Al Assifa puis Radio Soleil Goutted’or. Il a incarné ces immigrés qui ont pris le pouvoir, au moins lepouvoir de la parole, celui de parler en leur propre nom.Refusant les dérives institutionnelles, Mokhtar retourne à la fin desannées 80 travailler à l’usine. Il redécouvre aussi le Maroc où ilparticipe à des projets locaux avec ses copains d’enfance. Malade, ildécède le 3 février 2010.Quarante jours après, sa famille et ses amis parmi lesquels ici HabibLaïdi, Philippe Tancelin, Dominique Grange, Mohamed Abaïd, lui rendentun hommage à la librairie Abencerage (Paris) à travers chansons,musique et lectures. D’autres images sous forme de remue-mémoirepolitico-culturel suivront…
Chanson immigrée - une mémoire fertile
Chanson immigrée - une mémoire fertileL’exil, le travail pénible, le racisme, la carte de résidence, l’amour et le désamour… Autant de sujets abordés dans les chansons des immigrés dont la redécouverte par les nouvelles générations vient démentir une idée reçue : celle de travailleurs immigrés silencieux et soumis, sans parole.Lors d’un débat organisé par Origines contrôlées le 31 mai 2007 au Cabaret sauvage ( Paris ), Mustapha et Salah Amokrane, Mohamed Moghrani, Michèle Collery, Rabah Mezouane et Djamel Kelfaoui discutent du travail de mémoire autour du film ‘Trésors de scopitones’.La restitution de ces quelques images est ici l’occasion de rendre hommage à Djamel Kelfaoui, injustement disparu le 22 mai 2009 à Laghouat en Algérie. Djamel de Bondy, figure des quartiers populaires et réalisateur de documentaires, rappelle que si les hommes seuls allaient au café voir les scopitones, les femmes, elles, allaient ensemble écouter la musique aux galas organisés à la Mutualité…
Saïd Bouziri par lui-même
Le 23 juin 2009, Saïd Bouziri décède dans le métro parisien, nous laissant en héritage un parcours d’engagements marquant l’histoire des luttes pour la dignité et pour l’égalité des droits ces 40 dernières années. Beaucoup gardent en mémoire les images de l’évacuation par la police, le 23 août 1996, des sans-papiers et de leurs soutiens qui occupaient l’église St-Bernard. Parmi eux, évacué manu-militari, Saïd Bouziri criant « Vous n’avez pas le droit, ce n’est pas possible, ça ! ». Dans un long entretien filmé réalisé le 20 novembre 1999, il est revenu sur le sens de ses engagements, des Comités Palestine à sa propre grève de la faim contre son expulsion et celle de Fawzia, sa compagne, à la Goutte d’Or en 1972 ; du Mouvement des travailleurs arabes ( MTA ) à sa rencontre avec Foucault et les intellectuels du Comité de défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés, créé notamment autour d’affaires de crimes racistes ( Djillali, Mohamed Diab...). Il nous a parlé du journal Sans Frontière et de radio Soleil, puis de son parcours à la Ligue des droits de l’homme, et enfin de son travail avec l’association Génériques autour de l’Histoire de l’immigration et de la Mémoire. Cette conversation – dont voici quelques extraits - nous aide à mieux comprendre son parcours, l’évolution de ses idées et de ses pratiques organisationnelles, empreints tout à la fois de pragmatisme et d’intransigeance quant à la défense des valeurs fondamentales auxquelles il a consacré sa vie. A contre-courant des replis identitaires, Saïd Bouziri donne à réfléchir sur la relation complexe entre autonomie réaffirmée des luttes et convergences, voire fusion, avec les forces démocratiques en France et ailleurs. Et, in fine, sur la compatibilité entre reconnaissance et implication institutionnelle d’un côté, indépendance d’esprit et autonomie d’initiative de l’autre. En sa mémoire, ces images entendent contribuer à restituer le parcours de Saïd Bouziri à partir de ses propres mots. Réécoutons-le.
Raus ! - Le Syndrôme de Hoyerswerda
Le Syndrome de Hoyerswerda Hoyerswerda, ville minière proche de la frontière entre l’Allemagne et la Pologne. Du 17 au 22 septembre 1991, des centaines de jeunes allemands font le siège de bâtiments où ont été relogé des réfugiés et des travailleurs étrangers «invités» par l’ex-RDA. Ces derniers sont attaqués à coups de pierre et de bouteilles incendiaires, sous les applaudissements de la foule hurlant : «l’Allemagne aux Allemands!», «Etrangers dehors!". La police se montre impuissante face aux assauts répétés des skins et des néo-nazis. Les étrangers sont alors obligés de quitter la ville sous les huées. Depuis, Hoyerswerda est devenu un symbole du renouveau raciste dans l’Allemagne réunifiée. Par ailleurs, au lieu d’aider les travailleurs étrangers (Mozambique, Angola, Vietnam, Cuba),l’Etat résilie leur ancien contrat, les poussant au retour forcé ou à la clandestinité. Cependant, les violences se développent aussi à l’Ouest, entraînant la mort de familles turques à Möln ou à Sölingen. La peur s’installe dans les communautés immigrées, mais aussi parmi d’autres groupes sociaux. A Berlin, différents groupes noirs organisent les premières manifestations du genre en Allemagne pour exprimer leur émotion et leur colère. Les «mères contre le racisme et la violence» regroupent des familles de toutes nationalités. Une entraide concrète se met en place. Dans le film Le Syndrome de Hoyerswerda (51 mn – 1996), ces événements sont vus à travers le regard de Jona Iipeng, un jeune apprenti namibien lui-même grièvement blessé en novembre 1990 dans son foyer de Wittenberg par une bande de jeunes allemands. Soutenu par le Forum politique des immigrés (IPF), il cherche à comprendre, s’intéresse aux activités des antifascistes, livre un avis critique sur l’antiracisme des bonnes consciences et des médias… Le Syndrome de Hoyerswerda (51 mn) réalisé par Joy Banerjee, Mogniss H. Abdallah et Yonas Endrias, avec l’équipe d’IM’média ( Belkacem Lahbaïri, Claude Cardot, Marianne Bureau…) Prod : agence IM’média - 1996.
Southall années 70 - " Self-defence is no offence"
Southall ( Londres ) années 70 : « Self-defence is no offence » Dans les années 50 - 60, les habitants indo-pakistanais de Southall ( ouest de Londres ) subissent le racisme des associations de locataires anglais – dont beaucoup rejoindront le National Front -, et plus tard la violence directe des skinheads d’extrême-droite . Face à la passivité de la police et de la justice, ils décident de s’auto-organiser et de se défendre collectivement. Suresh Grover du Southall Monitoring Group raconte la lutte de sa génération, notamment dans les années 1970, pour libérer les rues de toute emprise raciste. D’autres quartiers, comme à Newham ou à Bradford, initient des actions similaires, qui s’inscriront dans la mémoire collective et donneront naissance à une dynamique de monitoring des violences et discriminations racistes à travers le pays… Extrait de Britain’s Black Legacy, un film de 45 mn co-réalisé en 1991 par l’agence IM’média et Migrant Media, qui revient sur l’histoire des luttes en Angleterre des Noirs, Caribéens ou Indo-Pakistanais
Britain's Black Legacy - Welcome to Brixton
Britain’s Black Legacy « Welcome to Brixton ». Dix ans après les émeutes de 1981 qui ont secoué les ‘ inner cities ‘ à travers l’Angleterre, Linton Kwesi Johnson ( LKJ ) déambule sur une ‘frontline’ qui a été pas mal remodelée. La situation s’est-elle pour autant améliorée pour les Noirs? Même les nouvelles classes moyennes noires récemment installées, à l’instar de l’hebdomadaire The Black Voice, en doutent. « La lutte continue », répond sobrement LKJ. Le dub-poet participe à de nombreuses initiatives politiques et culturelles au cours desquelles il fait notamment revivre, à travers textes et interventions, les temps forts des mobilisations noires, du New Cross Massacre ( 13 enfants tués lors d’une fête par un incendie criminel le 18 janvier 1981 ) au Black People’s Day of Action qui rassemble 20 000 personnes pour une grande Marche le 2 mars 1981. LKJ récuse nationalisme étroit et repli sur le micro-local, envisageant, pour lui-même et ses enfants, un avenir de Noirs européens engagés pour l’égalité raciale et la justice sociale… Cette séquence est extraite de Britain’s Black Legacy, un film de 45 mn co-réalisé par l’agence IM’média et Migrant Media, qui revient sur l’histoire des luttes en Angleterre des Noirs, Caribéens ou Indo-Pakistanais, depuis les émeutes raciales de 1958 à Notting Hill jusqu’à l’institutionnalisation du Carnaval, désormais considéré comme le plus grand rassemblement de rue annuel en Europe. Contact : agence.immedia@free.fr
Vous avez dit « idiots utiles » ?!
Vous avez dit « idiots utiles » ?! Entretiens croisés entre Leïla Habchi, Benoît Prin et Saïd Bouamama, sur la place ambivalente des créateurs d’images dans les mouvements sociaux et l’action politique. 5mn - Images en ligne extraites d’un document vidéo réalisé en avril 2003 par Julien Terruel et Mogniss H. Abdallah agence IM’média / Télévizone. Les cinéastes, les réalisateurs et les ouvriers de l’image en général, soucieux d’ouvrir les yeux sur le réel, voire de participer « caméra au poing » aux mouvements sociaux, sont-ils des « idiots utiles » potentiels qu’on peut instrumentaliser sans vergogne pour faire passer un discours préconçu ? A partir de leur expérience au sein de l’association Texture (Lille), à la fin des années 80, Leïla et Benoît racontent pourquoi et comment ils ont été amenés à travailler de manière autonome : ils ont co-fondé le collectif Vidéorème dans la perspective de rechercher et de produire un nouveau discours et de nouvelles formes qui ne soient pas cantonnées à la « propagande » ou à la « contre-propagande ». Le sociologue Saïd Bouamama, alors dirigeant de Texture, reconnaît aujourd’hui volontiers l’instrumentalisation des petites mains de l’audiovisuel pour disposer d’images des luttes. Il dit désormais respecter et favoriser l’autonomie des créateurs qui expriment aussi bien, voire parfois mieux, des aspirations communes. Depuis, Leïla et Benoît ont lancé l’association Etouchane, et développent des ateliers de formation au niveau local et international… Version complète ( 35 mn ) disponible en DVD. Contact : agence.immedia@free.fr
DOUCE FRANCE La Saga du Mouvement Beur
Douce France, la saga du mouvement beurExtraits du documentaire de Mogniss H. Abdallah ( 80 mn, 1993)L'enquête est menée au niveau national avec la collaboration d'Ahmed Boubeker, Saïd Bouamama et Kaïssa Titous.Les quartiers populaires, cités et banlieues, ont une histoire. Ce film documentaire,raconte la saga politique et culturelle du mouvement Beur des années 80.Des rodéos des Minguettes à la Marche pour l’Egalité de 1983. De la lutte contre la double peine aux révoltes de Vaulx-en-Velin et de Mantes-la-Jolie.Des affrontements dans l’usine Talbot-Poissy en grève aux retrouvaillescommunautaires autour de l’Islam et d’initiatives interculturelles des cités.Des mouvements lycéens et étudiants à la mobilisation contre les lois Pasqua etla réforme du code de la nationalité. Qu’en reste-il dans la mémoire collective ?Face au revival de l’antiracisme institutionnel et des valeurs républicaines,comment ce mouvement hétérogène se redéfinit-il ?Ce documentaire fait un état des lieux, expose la diversité des options prises,revisite les mémoires d’un certain nombre d’acteurs, et questionne leur latencepour mieux repérer les espoirs déçus et les espaces d’éventuelles recompositions.(Ce film existe aussi en version anglaise et allemande 52 min , 1992; co-réalisation avec Ken FERO)Contact : agence.immedia@free.fr